Les agissements de L’Etat Islamique en Irak et en Syrie vue du Mali !

Image, Creative Common

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La coalition contre le «          Daesh » vu du Mali !

Il y a seulement deux années, le Mali faisait face à un cas similaire à celui que connait l’Irak. En effet un groupe islamiste extrêmement violent à décider de s’emparer de tout l’Irak qui peine à sortir du chaos d’après Saddam. Ce groupe Djihadiste ambitionne d’installer un Etat à cheval sur l’Irak et la Syrie.

Comment et pourquoi une organisation terroriste comme Daesh veut s’octroyer un territoire, bref s’ériger en Etat ?

Cela parait inédit pour une organisation terroriste d’obédience religieuse de revendiquer un territoire pour installer un Etat. Ces ambitions territoriales de Daesh rompent avec les habitudes et surprend.

A entendre les alarmistes, on croirait à une première dans l’histoire de l’extrémisme religieux (oui, peut dans la manière…). Sauf qu’on se rappelle encore du règne des mollahs en Afghanistan. Et même plus près de nous, la tentative des groupes Djihadistes de s’emparer du Mali dont ils occupaient tout le Nord. Encore, aujourd’hui le Nord de ce pays reste instable sous la pression de ces groupes armés qui s’abstinent à y rester. Oui eux (Aqmi, Mujao etc.) comme l’EI partagent l’idée commune de fonder un califat universel. Ils aspirent à la mise en place d’une sorte d’immense Etat islamique régi par la charia (la loi d’inspiration coranique). L’EI comme les groupes armés au Nord font plus que la guerre. Ils font de la politique en exerçant un pouvoir sur des territoires délimités.

En définitive, nous comprenons que L’EI, plus qu’Al-qaida – (et peut être que c’est la nouvelle tendance du djihadisme avec les cas maliens et Nigérians), ajoute à son utopie une assise territoriale : la création d’un « Sunnistan libre » selon un spécialiste de l’islam à l’IREMAM (Institut de Recherches et d’Eûtes dur le Monde Arabe et Musulman).

Comme vous pouvez le comprendre, le « Daesh » (pareil à ces groupes armés qui occupaient le Nord du Mali) ne fait pas peur aux Maliens. Il ne nous fait pas peur autant qu’il ne devrait pas faire peur aux irakiens encore moins aux syriens. Car oui, ces gourous sont à la fois ces pourfendeurs, ces amis sont aussi ces ennemies. Aussi, comme ils l’ont combattu au Mali, ils le feront en Irak et en Syrie. Et comme à leur habitude, ils feront les pompiers efficaces comme la France l’a fait  avec l’Opération Serval.

Fini de tourner autour du pot, je vais vous dire ce que pensent réellement les maliens de cette histoire. Oui dans leur majorité,  ils y croient dur comme fer que ce sont les mêmes, qui, aujourd’hui, se coalisent pour combattre l’EI, qui sont aussi ceux qui l’ont mis en place. Car après tout comment comprendre que des individus aussi violents puissent disposer d’arsenal de combat aussi puissant à la capacité de celui d’un Etat. Sans oublier que leurs plus grands soutiens sont à rechercher dans les monarchies pétrolières du Golf qui, par ailleurs, sont les alliés sûrs des occidentaux dans la région. Ne dérogeant pas à ce vieux principe, on dira que l’ami de ton ami est ton ami. Ce qui semble être le cas de l’EI avec les occidentaux. Sauf que l’amitié d’un brut ne peut durer !

Et puis, du Mali nous voyons l’EI du même œil qu’Al qaida au Maghreb Islamique, ou encore « Boko Harem ». Des organisations de la terreur qui se cachent derrière la religion pour atteindre des objectifs purement narcissiques.  Et quand on parle de la coalition contre l’EI aux maliens, ils pensent systématiquement à celle qui a assassiné Kadhafi et renversé son régime. Et depuis la Lybie ne s’en est pas remis. Ce fut la même chose en Irak, et c’est aussi ce qu’on est en train de faire en Syrie.

Depuis, nous l’aurons compris qu’il n’est pas toujours judicieux de déloger certains régimes, fut-il dictatoriales. Car les exemples irakiens (Saddam Hussein) et libyen sont sortis sur des situations chaotiques. C’est d’ailleurs ce chaos de l’après Saddam qu’a profité à l’EI en Irak ; tout comme la fragilisation du régime de Bachar Al Saad leur a ouvert des portes en Syrie. Kobanè en est la parfaite illustration.

Le Daesh et ses filiales plus fort qu’Al Q’aida, ou faut-il craindre le pire

Ils sont à la une de l’actualité. Ils opèrent avec une violence extrême en décapitant leurs otages. Ils sont super hiérarchisés,  super structurés et possèdes des filiales en dehors de leur zone de prédilection. Bien que son nom ne soit répandu dans les medias depuis quelques mois, l’Etat Islamique est né en 2004 à la suite d’une scission d’Al Qaida. Il s’agit en fait d’une émanation d’Al Qaida en Irak.

Ainsi, en conquérant de larges pans du territoire irakien en l’espace de seulement quelques mois, et en publiant coup sur coup, en un laps de temps restreint les vidéos de décapitations d’otages occidentaux, l’EI fait une rentrée remarquable sur la scène médiatique et du coup adresse un message limpide aux occidentaux. Avec une redoutable efficacité  et la terreur qu’il sème, le « Daesh » est désormais le groupe djihadiste le plus puissant et redouté. Aujourd’hui, il est considéré par les occidentaux comme l’ennemi public N°1.

D’aucuns auront déjà pensé au début d’une troisième guerre tant les agissements du « Daesh » risquent de remettre en cause l’ordre mondial d’après-guerre froide. L’EI opère sur un espace géopolitique extrêmement complexe qui présente des rivalités politico-religieuses très tendues. D’un côté il y’a une opposition sunnites – chiites qui peut, à tout moment, faire basculer toute la région.  De l’autre il y’a l’Iran et ses alliés chiites très hostile à Israël. Tout une somme d’ingrédients qui, par la faute de l’EI, pourrait se mélanger et provoquer un enlisement à l’échelle mondiale.

Ainsi donc, ce qu’il faut comprendre et j’en termine là-dessus, il faut savoir que nous sommes en présence d’un calife de la terreur quelque part entre l’Irak et la Syrie capable de reproduire des «centaines de 11 septembre » pour ne pas citer Jean pierre Filiu, spécialiste du Moyen Orient. Face à la montée du djihadisme en mode Etat, le monde libre doit former un front uni et solide. Car hier c’était au Mali, aujourd’hui c’est en Irak et en Syrie et demain cela pourrait être la Lybie ou n’importe qu’elle autre pays en proie à l’instabilité.