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L’incivisme des usagers et le laxisme des autorités font que les routes « bamakoises » tuent

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Dans la ville de Bamako, la route tue. Sortir de chez soi et pouvoir y revenir sans problème est une préoccupation pour les familles. Les statistiques illustrent parfaitement l’ampleur du phénomène.

Les accidents de la circulation tuent 1,2 millions de personnes chaque année et en blessent des millions d’autres dans le monde. Cet chiffre est particulièrement important dans les pays a revenu faible ou intermédiaire, dont le Mali. Ici, on enregistre des milliers d’accidents de la circulation routière tous les ans. Avec des centaines de morts et des milliers de blessés. Chaque jour voit mourir un Malien dans un accident de la circulation. Pire, les familles doivent s’attendre, chaque jour, à la disparition inattendue d’un être cher.

En outre, les statistiques montrent que les jeunes sont les plus touchés par les accidents de la circulation et posent de façon évidente la responsabilité des communes dans la protection des citoyens, surtout la frange qui constitue le socle même du développement : la jeunesse.

Il est vrai que Bamako commence à être reconnue comme étant la capitale des deux (02) roues en Afrique, mais l’abondance de ces moyens (il s’agit en occurrence des Jakarta) de locomotion serait-elle la principale cause  de cette insécurité routière. Pas si sur, car à l’ origine cette insécurité s’explique par le manque de civisme des usagers de la route. Mais  aussi  l’incapacité des autorités de mettre en œuvre des mesures adéquates pour circonscrire le phénomène.

Pourquoi les routes bamakoises sont moins sures ?

Perdre  un ami n’est jamais facile. Mais savoir qu’un ami est mort dans un accident, qui aurait pu être évité, ajoute à la douleur et aux souffrances. Et laisse aux familles et aux communautés des blessures qui mettront des décennies à cicatriser. Malgré tout, nombreux sont les usagers qui n’ont pas encore pris conscience qu’ils sont eux-mêmes à la fois auteurs et victimes de ces tragédies.

S’il est vrai que Bamako est en passe de devenir la capitale des deux (02) roues, -volant au passage la vedette à Ouagadougou,-  en Afrique, on peut également affirmer qu’elle est la capitale des ignorants du code de la route en Afrique.

En effet, tout le monde s’achète un moyen de locomotion à deux (02) roues, mais personne ne va dans une auto- école pour apprendre  le code de la route.

On n’y va que lorsqu’on veut se payer une voiture ; il va donc de soi que la route tue et elle continuera de tuer si rien ne change. C’est en cela qu’à son temps j’ai beaucoup apprécier l’initiative des autorités qui avait décidé en Juillet 2011 de fixer le prix du permis de conduire a vingt mille (20.000) francs pour la catégorie B et vingt sept mille (27.000) francs pour les poids lourds au profit de la jeunesse malienne. C’est entre autres mesures qui, à terme, contribuerons à réduire  l’insécurité routière au Mali. Mais revenons un instant à ce fameux code de la route : pour ce qu’il ne le sait pas, c’est que le peu de gens qui l’ont appris ne le respecte pas toujours.

Autres causes liées à l’insécurité des routes bamakoises, c’est qu’elles sont très étroites, du moins pour une majeure partie du réseau routier. Même si cela commence à s’améliorer avec la réalisation de nouvelles infrastructures. Déjà, la ville connait une croissance démographique importante (près de 3.000.000 d’habitants) et chaque personne majeure veut son moyen de locomotion. Or, la plupart de nos voies sont étroites (largeur maximum de 06 mètres) et à double sens, charriant voitures, engins à deux roues, charrettes à traction humaine ou animale, … Dans un tel capharnaüm,  le nombre d’accidents ne peut qu’être élevé.

Autres casse tête sur les routes bamakoises : l’insuffisance ou la mauvaise organisation des transports en commun. C’est le moyen de transport le plus usité par les bamakois, y compris moi-même. Mais je vous le dis tout de suite, quel galère ! Il y aurait moins de problème de circulation si le district avait pu bâtir une politique solide en matière de transport en commun : qu’il soit privé ou public. Le transport en commun bamakois serait très prochainement le sujet d’un de mes billets.

L’autre grande cause de l’insécurité des routes bamakoise relève de la circulation des poids lourds dans la ville. En effet, les gros véhicules compliquent la circulation dans la ville. Et pourtant, il leurs est interdit d’accéder au centre ville le jour ; or, il se trouve que les magasins des commerçants sont au centre ville. Et ces derniers tiennent souvent à ravitailler leurs magasins le jour, rendant nos voies déjà étroites surchargées, augmentant ainsi les risques d’accidents de la circulation routière.

Ce tableau factuel ne fait qu’une description sommaire de l’incivisme sur les routes bamakois. Mais qu’en est-il de la réponse des autorités ?

Et les autorités chargées de la sécurité routière ?

Pour peu qu’elles soient rigides et responsables, les usagers seront respectueux du code de la route. Mais il n’en est rien. Je déplore la passivité et la complicité flagrante des policiers de la compagnie de la circulation routière à l’égard d’usagers inciviques. On le sait bien que les policiers sont là pour réguler la circulation et veiller au respect du code de la route. Cependant à Bamako, ils se contentent juste des 500F CFA pour tolérer certaines infractions flagrantes du code de la route.

J’en termine avec mon propos en disant par truisme que les accidents de la route sont devenus un drame à Bamako. Conscient donc de l’ampleur du fléau, j’en appelle aux autorités pour qu’elles redoublent d’effort  à minimiser les accidents de la route à défaut de pouvoir en circonscrire.

Ey les gars, n’ajoutons pas à notre peine la difficulté que vit le pays. Oui c’est clair que nous pouvons éviter les accidents de la route en jetant juste un coup d’œil sur le code de la route. Simple coup d’œil, grand geste qui sauve une vie.

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Le cinéma malien à l’heure du FESPACO

 

Photo Michel

Photo Michel

 

Le cinéma africain est jeune. Cependant il est très riche et présente des aspects inattendus. Il est à la fois diversifié, complexe et originale, on y trouve de la débrouillardise, de la poésie, de la réflexion qui, de façon générale, caractérisent toutes les activités créatrices en Afrique. C’est dire que ce billet consacré au cinéma malien, qui est l’une des plus talentueux du continent, n’est qu’une légère immersion dans l’univers cinématographique malien.

Loin du dynamisme et de la puissance productrice des cinémas égyptiens, nigérians et marocains, le cinéma malien est largement connus et reconnues à travers quelques un des ces réalisateurs.

Je vous l’avais déjà dit que le Mali est un pays éminemment culturel et s’illustre sur plusieurs créneaux culturels. De la littérature au cinéma en passant par la musique, les arts plastique, le théâtre, la danse…, le Mali est valeureusement présent sur la scène africaine et mondiale.

C’est donc plus que normal que je vous parle du cinéma malien à quelques jours de l’ouverture du Festival Panafricain du Cinéma et de la Télévision de Ouagadougou (FESPACO). En effet, c’est ce samedi, 23 Février 2013 que s’ouvrira à Ouagadougou au Burkina Faso la 23e édition de la plus grande messe du cinéma africain.

L’occasion est d’autant plus opportune que le Mali est avec le Maroc en tête du palmarès du FESPACO pour avoir remporté chacun trois fois l’Etalon de Yennega, la récompense suprême de la manifestation. Instauré en 1972, ce prix a été décerné à 13 pays dont un cinéaste a au moins remporté le trophée une fois. Parmi donc ces pays, le Mali et le Maroc s’illustrent particulièrement pour l’avoir remporté trois fois chacun : le Maroc a été primée en 1972, 2001 et 2011 tandis que le Mali l’a été en 1979 (Baara, le travail de Souleymane Cissé), 1983 (Finyé, le vent de Souleymane Cissé) et 1995 (Guimba de Cheick Oumar Sissoko).

Fort de ce succès continental, les cinéastes maliens, – loin de la grosse fortune de la tout aussi grosse industrie cinématographique nigériane, sont aussi présent sur des festivals internationaux les plus reconnus. D’ailleurs trois d’entre eux, à savoir Souleymane Cissé, Adama Drabo et Cheick Oumar Sissoko ont été nominés ou reçus des distinctions à Cannes, ou à bien d’autres rencontres internationales de cinéma. Ce billet, sans prétendre vous dire tout sur ce cinéma, s’efforcera de vous en faire une petite description.

Historique du Cinéma malien

Né avec l’indépendance du Mali en 1960, le cinéma malien ne tardera pas être un véritable reflet de la société malienne, à travers de regards analytiques et dénonciateurs. Les problèmes socio-politiques seront les principales sources d’inspirations de ce cinéma. Les cinéastes maliens vont faire du 7émé art un contre pouvoir qui leur permet d’une part d’affirmer leur indépendance et d’autre part de marquer leur volonté de changement. Changement politique en dénonçant la dictature (Yeleen de Cissé) ; changement social en revendication plus de droit aux femmes (« Tafé Fanga », le pouvoir du pagne de Drabo) ; changement économique avec une vive critique du capitalisme (Bamako d’Abderrahmane Sissako –Maliano-mauritanien ; ou « Yèlèma », le changement de Cissé).

Nous sommes donc en présence d’un très jeune cinéma qui, toutefois, parait très engagé avec une thématique variée et profondément ancrée dans le terroir culturel et le microcosme socio-politique du pays. On le voit bien, la volonté de liberté des cinéastes maliens découle de leur quête du pouvoir : faire de l’écran un pouvoir à l’image de la presse considérée comme le 4é pouvoir dans les démocraties occidentales. Chez Souleymane Cissé, Falaba Issa, Adama Drabo, Cheick Oumar Sissoko, il ne s’agit pas de faire «  le cinéma pour le cinéma ». Mais de l’utiliser come un outil d’affirmation, d’indépendance et de changement.  Pour eux, le cinéma doit tout simplement être l’expression de la puissance tant redoutée de « la parole et du verbe » fortement ancrée dans la société malienne depuis des temps immémoriaux.

Malgré ce cinéma de qualité primé à plusieurs reprises, le cinéma malien, à l’image du cinéma africain, reste un cinéma de « battants ». Le plus grand handicap du cinéma africain repose sur le manque tant de moyens technique que financier. Jusque là, faute de politique gouvernementale suivie et cohérente pour la création d’infrastructures aidant à la production et à la diffusion de films, le cinéma malien, à l’instar de celui africain, ne s’est pas développé en tant qu’industrie et vit tant bien que mal de subventions, d’aides et de coproductions souvent extérieurs. En dépit de cette situation, on continue de tourner et de produire des films au Mali et en Afrique. Il semble même qu’elle ait développé, chez nos cinéastes, une aptitude de ténacité et d’ingéniosité à triompher de la plupart des obstacles. Autres obstacles d’un autre ordre cette fois-ci, le cinéma malien se construit difficilement et s’exposer à la manipulation. Mais là encore, nos cinéastes s’imposent avec dignité en mettant en avant leurs images et leurs points de vue. Même si on le sait que d’autres finissent par capituler ; c’est le cas par exemple de Cheick Oumar Sissoko, qui en réalisant un film adapté du Roman d’Aminata Sow Fall « La Grève des battu » l’a fait selon des critères américains.

Présence au 23é du FESPACO

C’est surtout en raison du manque de moyens techniques et financiers que les réalisateurs africains, de façon générale, se doublent souvent d’un scénariste et d’un producteur, parfois d’un acteur. Ils sont pour la plupart (les cinéastes maliens) polyvalent et l’adoption toute récente des nouvelles technologies numériques leurs confirment dans cette polyvalentes. C’est donc de ce cinéma de cinéastes talentueux, battant et même polyvalent qui se retrouve à Ouagadougou pour célébrer l’Afrique culturel pendant une semaine. Pour cette 23é édition, le Mali n’entend pas faire de la figuration. Au total, 101 films de 35 pays seront en compétition officielle dans différentes catégories : longs métrages, courts métrages, documentaires, séries télévisées ; et le Mali sera présent avec 4 films. Il s’agit de :

  • Deux films dans la catégorie « série télévision » : « Les Concessions » de Ladji Diakité, Léopold Togo, Ibrahim Touré, Abdoulaye Dao, Madjé Ayité et produit par le CNCM, et « Les Rois de Ségou » (saison 2, et une série de 20 épisodes de 26 minutes) de Boubacar Sidibé.
  • D’un film dans la catégorie documentaire ou « Hamou-Beya » (pêcheurs de sable) défendra les couleurs du Mali.
  • D’un film dans la catégorie long-métrage fiction. Et c’est dans cette catégorie que les pays mettront tout leur poids dans la balance. Cette année, le Mali compte réaliser une moisson fructueuse avec la nouvelle signature d’Ibrahim Touré. Après donc « Da Monzon : la conquête de Samanyana », en 2011, notre pays se lance à cette 23e Fespaco dans la conquête de l’Etalon d’or de Yennega avec « Toiles d’araignées » : une adaptation du roman à l’écran. L’exercice est osé pour son réalisateur, et l’initiative est à féliciter, car la tâche était délicate. Je n’ai encore pas eu la chance de voir le film mais les critiques saluent unanimement une œuvre de qualité, travaillée avec rigueur

Biographie et filmographies de quelques réalisateurs maliens

  • Adama Drabo

Cinéaste et dramaturge malien né en 1948 à Bamako et mort le 15 juillet 2009 à Bamako. Dès son enfance il s’intéresse au cinéma. Instituteur pendant 10 ans dans un village, il peint et écrit en amateur des pièces de théâtre. En 1979, il entre au Centre national de production cinématographique (CNPC) du Mali. Il travaille avec le réalisateur Cheick Oumar Sissoko comme assistant réalisateur sur le tournage des films « Nyamanton » (1986) et « Finzan »(1989).

En 1988, il tourne un moyen-métrage, « Nieba », la journée d’une paysanne. En 1991, il sort son premier long-métrage « Ta Dona » (Au feu !). En 1997, il réalise « Taafé Fanga » (le pouvoir du pagne), qui raconte l’histoire d’un village dogon où la découverte par une femme d’un masque qui donne le pouvoir renverse l’ordre des choses, les femmes prenant la place réservée habituellement aux hommes. Après une longue pause, il revient en coréalisation avec Ladji Diakité avec « Fantan Fanga » (Le pouvoir des pauvres), en 2008. Je rappelle qu’Adama Drabo est mort le 15 juillet 2009.

  • Souleymane Cissé

Cinéaste malien, né le 21 avril 1940 à Bamako (Mali) est passionné de cinéma dès son enfance. En 1960 lors de l’éclatement de la Fédération du Mali et de l’indépendance de son pays, il adhère à des mouvements de jeunesse et commence à projeter à la Maison des Jeunes de Bamako des films qu’il commente ensuite au public. C’est un film documentaire sur l’arrestation de Patrice Lumumba qui déclenche réellement sa volonté de faire du cinéma. Il obtient une bourse pour suivre des études de cinéma à l’Institut des Hautes Etudes Supérieures de la Cinématographie de Moscou. Il en sort diplômé en 1969.

Souleymane Cissé tourne son premier moyen métrage Cinq jours d’une vie en 1971. Le film relate l’histoire d’un jeune qui abandonne l’école coranique et vagabonde dans les rues, vivant de menus larcins. L’œuvre est primée au Festival de Carthage.

En 1975, il réalise son premier long métrage, en bambara, « Den Muso » (La Jeune fille) à propos d’une jeune fille muette violée par un chômeur. Enceinte, elle subit le rejet de sa famille et du père de l’enfant qui refuse de le reconnaître. Souleymane Cissé a ainsi expliqué sa démarche : « J’ai voulu exposer le cas des nombreuses filles-mères rejetées de partout. J’ai voulu mon héroïne muette pour symboliser une évidence : chez nous, les femmes n’ont pas la parole ». Non seulement le film est interdit par le ministre malien de la culture mais Souleymane Cissé est arrêté et emprisonné pour avoir accepté une coopération française. Le brûlot restera interdit pendant trois ans et n’obtiendra son visa d’exploitation qu’en 1978.

En 1978 sort le film « Baara » (Le Travail). Ce film relate l’histoire d’un jeune ingénieur, révolté par l’attitude de son PDG, qui décide d’organiser une réunion avec les ouvriers pour faire valoir leurs droits. Mais son patron le fait aussitôt enlever puis assassiner. « Baara » remporte l’Etalon de Yennega en 1979

Succède « Finyè » (Le Vent, 1982). Il s’agit d’une chronique sur la révolte des étudiants maliens face au pouvoir militaire. Sur une période période de 4 ans, entre 1984 et 1987, il tourne « Yeelen » (La Lumière), film initiatique sur le douloureux chemin que prend l’enfant pour devenir adulte. « Finyé » rapporte à Cissé son deuxième Etalon de Yennega. Quant à « Yeelen », il remporte le prix du jury au Festival de Cannes en 1987. Ce fut d’ailleurs le premier grand prix remporté par un africain à Cannes.

Souleymane Cissé tourne « Waati » (Le Temps, 1995), qui retrace l’histoire de Nandi, une enfant noire d’Afrique du Sud au moment de l’Apartheid, qui fuit son pays pour partir en Côte d’Ivoire, au Mali et en Namibie, avant de revenir dans son pays d’origine après la fin du régime.

En 2009, Souleymane Cissé sort le film « Min yé » (Dis moi qui tu es) qui aborde le thème de la polygamie. Ce film, dans lequel jouent Sokona Gakou, animatrice à Africable, et Assane Kouyaté, est présenté au Festival de cannes 2009.

Souleymane Cissé est, depuis 1997, président de l’Union des créateurs et entrepreneurs du cinéma et de l’audiovisuel de l’Afrique de l’Ouest (UCECAO). Souleymane Cissé a été élevé par le président de la République, Amadou Toumani Touré, au rang de Commandeur de l’Ordre national du Mali le 1er janvier 2006. Il est également élevé au grade de Commandeur des Arts et Lettres de la République Française.

  • Cheick Oumar Sissoko

Cinéaste et homme politique malien, né en 1945 à San (Mali). Étudiant à Paris, Cheick Oumar Sissoko obtient un DEA d’histoire et sociologie africaine et un diplôme de l’École des hautes études en sciences sociales, en histoire et cinéma. Il suit ensuite des cours de cinéma à l’École nationale supérieure Louis-Lumière.

De retour au Mali, il est engagé comme réalisateur au Centre national de la production cinématographique (CNPC). Il y réalise Sécheresse et exode rural.

En 1995, il réalise « Guimba » (« Le Tyran ») qui obtient l’Etalon de Yennega la même année. En 1999, sort La Genèse qui obtiendra le prix RFI Cinéma du public au Fespaco en 2001…

En 2000, il réalise « Battù » Il a créé un collectif de production « Kora film ». Président du parti Solidarité africaine pour la démocratie et l’indépendance (SADI), Cheick Oumar Sissoko est nommé le 16 octobre 2002 ministre de la Culture dans le gouvernement d’Ahmed Mohamed ag Hamani. Il sera confirmé à ce poste le 3 mai 2004 dans le gouvernement d’Ousmane Issoufi Maïga et quitte le gouvernement lors de sa démission le 27 septembre 2007.

  • Abdoulaye Ascofaré

Abdoulaye Ascofare est un cinéaste et poète malien né le 20 avril 1949 à Gao (Mali). Il a suivi des études de théâtre puis de cinéma. Il a été animateur radio jusqu’en 1978 avant d’être enseignant à l’Institut national des arts de Bamako. En 1984, il est diplômé de l’Institut d’État de la Cinématographie en URSS, il devient réalisateur au Centre national de production cinématographique de Bamako en 1985. À partir de 1991, il produit plusieurs courts métrages. En 1997, il sort son premier long métrage intitulé « Faraw », une mère des sables. Ce film, qui retrace vingt-quatre heures de la vie d’une femme du pays songhaï, a reçu le « Bayard d’or Création artistique » au Festival de Namur en 1997. Poète, il a publié Domestiquer le rêve.

Sélectionnés à Cannes, « Faraw »  est un drame familial qui se passe dans le désert du Sahara et a été primé au FESPACO. Abdoulaye Ascofaré a voulu rendre hommage à sa mère qui a eu une vie très dure. L’histoire de Zamiatou, une femme Songhaï, au Nord Ouest du Mali,  avec ces deux jeunes fils, une jolie petite fille et un mari handicapé. Plus réaliste que dramatique, le film montre l’impact du tourisme européen sur une famille africaine.

Pour n’est pas être boulimique dans ce billet, je ne vous ai présenté que quelques un des cinéastes maliens. Car il en existe une bonne dizaine qui continue de produire des œuvres de qualité sous la houlette du Centre National de la Cinématographie du Mali (CNCM). Il s’agit là d’un établissement public à caractère scientifique, technologique et culturel qui a remplacé en 2005 le Centre national de la production cinématographique (CNPC). Le CNCM est chargé de la promotion, de la coproduction, de l’actualité documentaire et artistique, du cinéma au Mali.

Je souhaite à tous les festivaliers un excellent moment de festival et souhaite bonne chance aux productions maliennes engagées en compétitions officielles.

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Pour la première fois des attentats suicides au Mali, j’en ai même la chaire de poule !

 

Attentats suicide à Gao

L’épilogue de la guerre au Mali n’est certainement pas pour demain, quand on sait que les islamistes qui occupaient le nord ne s’avoueront pas vaincu comme cela.

Depuis le début de l’opération Serval, les islamistes ont déserté les grandes villes du  Nord Mali qu’ils occupaient sans aucune forme de résistance que ce soit. Ainsi, l’Armée malienne appuyée par les militaires français s’empara tour à tour de Gao et de Tombouctou. Cette libération a été accueillie par les populations dans une grande ferveur.

L’euphorie de la libération passée, place à l’angoisse de la sécurisation. Et les djihadistes ne vont tarder à se manifester :

D’abord par leur mode opératoire habituel. Coup sur coup à Gao, principale ville du nord Mali située à 1200Km de Bamako, ils vont commettre deux attentats suicides les 8 et 9 février. Ces attentats sont l’œuvre de deux kamikazes qui n’ont pas hésité à se faire exploser contre un poste de contrôle de l’Armée malienne. Ces deux attentats feront deux morts, les deux kamikazes et quelques blessés chez les soldats maliens. L’important à retenir ici  c’est que ces attentats suicides sont les premiers perpétrés sur le sol malien. Les attentats suicides, les kamikazes, nous en avons toujours entendu et regarder à la radio ou à la télé.

Puis par ce qu’on appelle dans le jargon militaire : la guérilla urbaine. Cette autre forme de riposte va provoquer, déjà au lendemain des attentats suicides  de violents combats qui opposèrent les combattants djihadistes aux militaires maliens et leurs alliés français. Des affrontements qui ont fait cinq morts et dix sept blessés.

J’imagine qu’à Bamako la psychose d’attentats est présente chez la population, même si on se refuse à croire à un tel scénario. Pour ce qui ne le sait pas, Bamako -mis à part la montée, dans ces dernières années, du banditisme-, est une ville non violente. On n’y vit paisiblement et c’est rare d’y entendre le bruit de coup de feu. Donc, vous imaginez l’effet que produit un attentat chez les bamakois ? Moi, je sais que ça ferait un effet d’apocalypse tant les bamakois auront du mal à se contenir et à exprimer leur peur. Mais déjà, tous les maliens devraient se préparer psychologiquement à l’éventualité d’attentats partout sur le territoire malien. Car là, nous n’avons pas été loin d’une afganisation.

Pendant qu’à Bamako, on théorise sur la possibilité d’attentats, les djihadistes en commettent de nouveau à Kidal. En effet, à Kidal au Nord-est, un véhicule apparemment piégé à explosé, faisant au moins deux blessés civils. Cet attentat a eu lieu ce jeudi 21 février 2013 près du camp militaire de la ville ou sont stationnés des militaires français et tchadiens. Rappelons que les forces françaises ont repris dans la nuit du 29 au 30 janvier dernier le contrôle de l’aéroport de Kidal, à 1 500 km au nord-est de Bamako. Ancien bastion islamiste, la ville est actuellement sécurisée par quelque 1 800 soldats tchadiens.

Ce billet est une manière pour moi d’alerter les maliens sur la menace réelle d’attentats dans le pays. Rappeler que nous ne sommes pas à l’abri de kamikazes comme nous en voyons souvent à la télé. Donc redoublez de vigilance en respectant les consignes de sécurité émis par les autorités pourraient nous protéger d’un éventuel drame terroriste.

Portrait d’Oumou Sangaré, la diva du Wassulu : Artiste engagée et femme d’affaire

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Plus que jamais, la culture fait la une du regard de Michou. J’imagine que c’est ce qu’il y a de meilleur à offrir par le Mali en ces temps de guerre. Car, je ne vous l’apprends pas, le Mali est un pays éminemment culturel. Aujourd’hui j’ai choisi de vous parler d’une grande voix de la musique malienne pour qui j’ai une grande admiration : Oumou Sangaré, la diva du Wassulu.

Originaire du Wassulu, -région boisée, située au sud du Mali et flanquée entre Bamako et Sikasso à la frontière guinéenne-, Oumou Sangaré est née le 02 Février 1968 à Bamako.

Issue d’une famille de chanteuse, Oumou s’initie à la musique auprès de sa mère et de sa grande mère. Dès son enfance, Oumou décide de se lancer dans la chanson pour aider sa mère Aminata Diakité à nourrir sa famille, son père les ayant abandonnées. La musique d’Oumou Sangaré s’inspire des mélodies de la tradition (musique et danse traditionnelle des chasseurs)  du Wassulu. Située à une centaine de km de Bamako (120). Cette région fait fi des règles de castes qui n’autorisent que les Djeli (Griots) à chanter ; comme c’est le cas du Mandé ou les griots sont à la fois généalogiste, conteurs, historiens et chanteurs de louanges. Donc, Oumou, bien qu’étant noble peulh, peut chanter comme beaucoup d’autres comme elle au Wassulu.

Carrière musicale

C’est très tôt, à l’âge de 5 ans qu’Oumou Sangaré se fait remarqué pour son talent de chanteuse en remportant la finale des écoles maternelles de Bamako. Ce fut sa toute première prestation en public devant 3000 personnes dans la salle polyvalente du Stade Omnisport Modibo Keita. Parallèlement à cet gout prononcé pour la musique, Oumou va continuer à vendre de l’eau dans la rue, gagnant quelques sous pour aider sa mère. Cet épisode de sa vie nourrira plus tard son engagement pour la défense de la cause des femmes.

De la chanteuse de rue et d’événements sociaux (Mariage, Baptême etc.) à Bamako, Oumou se découvre une vocation pour la musique lui poussant même à abandonnée l’école. De plus en plus apprécié par le public bamakois, elle intègre l’Ensemble Instrumental National du Mali. Puis, sous la houlette de Bamba Dembélé du Djata Band (un orchestre local très célèbre avec Zani Diabaté), elle effectue sa première tournée hors du Mali avec l’Ensemble de Percussion Djoliba.

Ensuite, Oumou va passer à la vitesse supérieure, sous le coaching d’Amadou Ba Guindo, un grand maitre de la musique malienne, qui l’aide pour la sortie de son premier Album «Mussolu » (qui signifie les femmes). Cet album parait chez JBZ à Abidjan pour Syllart. A sa sortie, l’album fait un triomphe au Mali et en Afrique de l’Ouest, consacrant la naissance d’une grande star.

Oumou chante principalement en « wassulukan », une variante du Bamanankan (qui signifie Bambara) autour des thèmes d’exode rural, de la protection de l’environnement, d’amour etc. En grande défenseuse de la tradition, elle n’hésite pas à épinglé se cotés négatifs comme la polygamie, les mariages arrangé et/ou forcés et l’exploitation des femmes. C’est d’ailleurs grâce à cet engagement qu’Oumou Sangaré reçoit des encouragements de femmes maliennes, ivoiriennes, guinéennes, burkinabé etc.

Le succès de son premier album l’ouvrant alors les portes d’une carrière internationale, Oumou, -déjà surnommée diva du Wassulu-, va enchainer avec un deuxième album « Ko sira » (qui signifie la route de la rivière). Cet album enregistré à Berlin (Allemagne) sort en 1993. Avec la bénédiction d’Ali Farka Touré, elle signe chez World circuit, un label anglais.

Désormais, Oumou Sangaré est considérée comme l’ambassadrice du Wassulu. A travers sa musique elle porte le son de son terroir aux oreilles du monde entier. En outre, elle collabore avec de grands musiciens qu’elle invite régulièrement sur ces albums. Ainsi, en 1996 elle sort « Worotan » (qui signifie 10 colas). Cet album enregistre la participation de Pee Wee Ellis, ancien saxophoniste de James Brown, et Nitin Sawhney.

Depuis 1990, la carrière d’Oumou n’a cessé de prendre de l’ampleur. Elle se produit sur les plus grandes scènes du monde (Opéra de Sydney, Central Park à New York, Roskilde festival, festival sur le désert « Essaouira » au Mali, opéra de la monnaie de Bruxelles en Belgique, Queen Elisabeth Hall en Angleterre, tous les festivals des Pays Bas etc.

Parallèlement, elle continue de produire des albums. Ainsi, en 2001, elle sort son quatrième album « Laban » (qui signifie la fin). Cet album, parut uniquement en cassette en Afrique, fut vendus à plus de 120 000 exemplaires au Mali. Deux ans plus tard, parait « Oumou » (2003), un double album qui regroupe tous les succès de la diva plus quelques inédits dont « Baba ». Mais avant, à l’occasion de la Coupe d’Afrique des Nations organisée, elle sort un album en 2002 intitulée tout simplement CAN 2002. De cette période à aujourd’hui, Oumou mettra sur le marche discographique trois autres albums : Strange fruit en 2006 ; « Seya » (qui signifie joie) en 2009 sous la direction artistique de Cheick Tidiane Seck avec la participation d’une cinquantaine de musiciens dont Tony Allen et des habitués (des anciens cuivres de James Brown) Fred Wesley et Pee Wee Ellis ; et le tout dernier « Bi furu » (qui signifie mariage d’aujourd’hui) en 2011.

En un peu plus de vingt ans de carrière, Oumou Sangaré a aussi reçu de nombreuses récompenses au Mali et dans le monde. Ainsi, elle reçoit entre autres le « Tamani d’Or » en 2003, récompensant la meilleure artiste de l’année aux trophées de la musique au Mali, -elle en fut d’ailleurs la première lauréate- ; le Prix de la musique de l’UNESCO en 2001 pour sa contribution à « l’enrichissement et au développement de la musique, ainsi qu’à la cause de la paix, de la compréhension entre les peuples et de la coopération internationale ». Elle est également et depuis 1998 commandeur des Arts et Lettres de la République française. Sans oublier qu’elle a participé à la bande originale du film Beloved en 1998 avec Oprah Winfrey dans le rôle principal. Il ya aussi ce duo avec Alicia Key chez Guillaume Durant sur France 2 avec une chanson intitulée « Falling ».

Hormis cette période de crise, quand Oumou Sangaré est à Bamako, elle se produit tous les Samedis soir sur la scène de son hôtel.

Une artiste engagée

Cette immense carrière musicale est accompagnée d’un grand engagement de la part de la diva pour différentes causes sociales, particulièrement celle pour les femmes et celle plus récente pour la paix au Mali. Femme de caractère, Oumou n’hésite jamais à dénoncer quand’ il le faut « je dis ce que j’ai envie de dire et je fais les choses comme j’ai envie de les faire ». Cette attitude trempée lui a valu quelques accusations infondées : les rumeurs ont, à un moment donné, circulé sur sa participation à un film pornographique ; ou son homosexualité. Elle est qualifiée de femme libertine dans certains milieux religieux. N’empêche que cette grande défenseuse de la cause des femmes n’hésite pas à dénoncer dans ces chansons les méfaits de certaines pratiques traditionnelles (polygamie) sur les femmes. C’est entre autre pour ces différents engagements qu’elle a été nommée en 2003 comme ambassadrice de Bonne Volonté pour la FAO.

Plus récemment, la situation de crise que vit notre pays, l’amène à sortir un single intitulé « Paix ». Puis,  avec une quarantaine d’artistes maliens, elle participe à l’enregistrement d’un morceau choral en faveur de la paix au Mali, intitulé « Mali ko » (qui signifie la cause du Mali). A la fois très préoccupé par cette situation «  faisons attention, pour ne pas perdre notre pays. Faites attention, sinon nos enfants et nos petits enfants ne pourront pas lever la tête. Je m’adresse aux politiciens et aux militaires» (extrait du refrain chanté par Oumou Sangaré), Oumou reste optimiste pour le Mali « le mali est un pays béni, il restera un et un et indivisible » (Bamako Hebd, 15/02/2013). En outre elle salue vivement l’intervention française au Mali et en appelle au Président François Hollande de bien finir le bulot « […] Dieu aime le Mali, il nous l’a démontré à travers l’intervention inattendue de la France, sans quoi on n’en serait pas là aujourd’hui. Je suis très contente : la France a fait son devoir comme les autres pays africains. La paix reviendra dans notre pays, parce qu’il est béni ; le Mali restera un et indivisible. Je demande aux maliens de rester soudés, unis pour une seule cause, leur pays. Le Mali ne va se diviser ! Je dis grand merci à François Hollande, à toute son équipe et à tous les français. Il est venu au Mali, il est venu chez lui. Il nous a rassurés avec son discours, nous lui demandons de travailler en fonction de ce discours. Il doit rester sur cette lancée » (Bamako Hebd, 15/02/2013).

Une femme d’Affaire

La diva du Wassulu, non sans être satisfaite d’une carrière musicale bien remplie, se lance dans les affaire pour dit-elle créer des emplois et aider la jeunesse malienne « Mon objectif, sinon mon idée, c’est de créer le maximum d’emplois dans le peu de temps que je vais vivre, inch Allah. Je fais partie des gens qui sont venus au monde pour servir les autres. Je suis prête à servir mon pays jusqu’à la fin de ma vie. Si le bon Dieu me donne la santé, je ferais tout pour aider mon pays. […] Je suis toujours prête à partager avec la jeunesse de mon pays. Parce que personnellement je n’ai pas le temps de suivre et gérer tout ce que je suis en train de mettre en place. Mais je fais confiance à la jeunesse, en lui donnant du travail et des opportunités. Je lui donne sa chance de réussir aussi » (Bamako Hebd, 15/02/2013).

En femme d’affaire aguerrie donc, Oumou Sangaré possède un holding qui intervient dans divers domaines dont l’automobile, l’hôtellerie, et l’agro-alimentaire.

–         L’hôtellerie, c’est déjà en 2002 avec l’ouverture de l’hôtel Wassulu à Bamako. Oumou y loge ces amis artistes en séjour à Bamako. Tous les samedis, on l’a déjà signalé, elle s’y produit avec son groupe avec d’autres artistes de la place.

–         L’automobile, Oumou s’y lance en 2006 avec la vente de véhicules d’origine chinoise. Cette société de concession automobile commercialise des modèles portant le nom « Oum Sang » des diminutifs de son nom et de son prénom.

–         Depuis quelques temps, elle fait dans l’agro-alimentaire. Elle importe des denrées alimentaires (Riz, huile, sucre, spaghettis, lait…) de la Thaïlande qu’elle commercialise dans ses magasins à Bamako.

La star à la double casquette d’artiste et de femme d’affaire n’a certainement pas dit son dernier mot. J’en suis sur qu’Oumou nous réserve le meilleur pour demain.

Retrouver des extraits de la musique d’Oumou Sangaré sur www.rfimusique.fr

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Mali: Le Capitaine Sanogo à la tête du comité de reforme de l’Armée pour les honneurs et les prébendes

Capitaine lors de son investiture à la tete du comite de reforme de l'armée à Koulouba

Capitaine lors de son investiture à la tete du comite de reforme de l’armée à Koulouba

 

C’est mercredi, 13 février que le président de la République par intérim du Mali, le Pr Dioncounda Traoré a investi officiellement le capitaine Amadou Haya Sanogo, chef des ex-putschistes au poste de président du Comité Militaire de Suivi de la Réforme des Forces de Défense et de sécurité. Il a été nommé à ce poste par un décret datant du 8 Aout 2012. C’est lors  d’une cérémonie sobre à Koulouba, siège de la présidence du Mali, -en présence du premier ministre, Django Sissoko, des membres du gouvernement, des présidents des institutions et de plusieurs chefs militaires maliens-, qu’il fut installé par le chef suprême des Armées, le président Traoré.

Depuis le coup d’état du 22 Mars 2012, ayant renversé le président en fin de Mandat ATT, le capitaine s’était autoproclamé chef de l’état avant d’abdiquer sous la pression de la CEDEAO et de la communauté internationale et valider le retour à l’ordre constitutionnel.

Discret depuis le début de l’opération serval, l’encombrant capitaine refait surface et de  quelle manière ! A croire qu’il demeure un acteur incontournable dans le complexe jeu politique malien.  Mais pourquoi voudrait-il rester dans le jeu politique ?

Pour les honneurs

Le jeune capitaine de 40 ans semble adorer les honneurs tant il a pris gout à la lumière. L’intervention française et le déploiement de la MISMA (Mission Internationale de Soutien au Mali) lui a certainement fait de l’ombre. Lui qui prétendait mener l’armée malienne à la reconquête d’un nord tombé aux mains des djihadistes et des indépendantistes touareg juste après son Coup d’Etat. Ce voyant donc écarté, le capitaine Sanogo ne manque pas d’occasion pour revenir sur le devant de la scène tant il nous a habitué à ces jeux de torpillage de la transition et même de division de l’armée. On se rappelle du départ expéditif du premier ministre Cheick Modibo Diarra mi-décembre. L’ancien ingénieur de la NASA a été contraint à la décision, après s’être fait sorti de son sommeil, amené gré à Kati, avant d’annoncer blême sa démission sur l’ORTM à 4 heures du matin. Autres fait d’armes, cette fois plus récente, de la part de l’ex-chef putschiste. Pendant qu’il ouvrait grandement les portes de son QG katois, l’autre centre du pouvoir au Mali, au même moment quelques uns de ses hommes (les bérets verts) montraient leur muscle au camp du 33e bataillon du Régiment commando parachutiste pour régler leurs comptes aux derniers récalcitrants des berets rouges. Je rappelle que cet incident provoque officiellement 2 morts, officieusement 6. Au lendemain de cette énième utilisation de la violence par le Capitaine Sanogo pour faire savoir qu’il reste au centre du jeu politique, Dioncounda s’était précipité , samedi 9 février, pour condamner à la télévision  ces luttes fratricides. Pourtant mercredi, il investissait leur instigateur à la tête du comité de réforme de l’armée. Ces évènements prouvent à suffisance que les autorités de transition restent sous la tutelle des militaires de Kati qui n’hésitent pas à avouer que le président Traoré est bien placé pour savoir que l’on ne peut pas se passer d’eux dans la gestion de la transition. Le 21 mai dernier, On s’en rappelle pour l’intimider à laisser son poste, Dioncounda s’était fait agressé à mort dans son bureau à Koulouba. Pour cet ultime retour au devant de scène, on espère que le bouillant capitaine se contentera des honneurs de son nouveau poste, pour laisser la transition suivre son cours normal.

Pour les prébendes

L’encombrant capitaine Sanogo n’est pas qu’accros du pouvoir et de ses honneurs, il est aussi épris de porte monnaie. Je rappelle pour fait qu’au lendemain du Coup d’Etat, lui et ses camarades n’avaient pas hésité de dévaliser la douane. Ainsi, selon les rumeurs à l’époque certains des ex-putschistes avait vu leur compte bancaire multiplier par 100. Ces rumeurs racontent que le capitaine Sanogo lui-même s’était retrouve avec un compte bancaire qui a passé de 100 000 F CFA  à près de 600 000 000 F CFA.

Donc l’idéal pour l’ex- putschiste, c’est de s’effacer complètement de la scène politique malienne pour tranquillement savourer les honneurs qui lui seront dédiés à ce poste, et les prébendes qui vont avec. Ainsi tout ira bien pour lui et le Mali n’en sera que gagnant.