Crise malienne : Après la signature, la répartition du gâteau fait déjà jaser !

Photo, Michel

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Il est de coutume qu’après chaque crise, s’ouvre logiquement une bataille pour les places. Ainsi et après la signature du 20 Juin à Bamako par la CMA de l’accord pour la paix et la réconciliation, l’ère des petits arrangements et des positionnements s’installent. A ce jeu très embarrassant, il faut, à la fois pour le gouvernement et la médiation, avoir le sens de la mesure et de l’équilibre. Car, en définitive, c’est la survie du Mali qui est en jeu avec cette forte interrogation : Renaitre ou exploser après le 20 Juin.

La nécessaire renaissance

Le 20 Juin dernier fut le jour des grandes émotions. La grande joie de se retrouver en famille avec surtout l’espoir, oui le grand espoir de retourner à la norme démocratique et rembarrer pour de bon le fusil. Malgré les colères et les déceptions récentes, les bamakois ont plutôt toléré la présence de frères « égarés » qui, ont pu faire des emplettes sans être insulté et sans risqués quoi que ce soit. Encore une fois, on aura eu l’occasion d’apprécier la grande magnanimité du peuple malien. Aujourd’hui plus qu’hier, et malgré les barrières très factices invoquées, les maliens s’il le veut peuvent vivre ensemble. Ce vivre ensemble, bien qu’étant plausible, devra voir l’accord sur le papier se matérialiser dans les faits. L’urgence serait de mettre en application les dispositions sécuritaires et le reste attendra une éventuelle révision constitutionnelle, un referendum et une promulgation présidentielle. Au même moment, il nous faut obtenir des ressources sans précédents pour le développement du Nord. Sans être grotesque, adopté un Plan Marshal pour citer Adama Thiam, éditorialiste. Il s’agirait d’offrir des opportunités d’emploi à la jeunesse du Nord pour qu’elle cesse d’être un réservoir de main d’œuvre pour le crime organisé. C’est pourquoi, il apparait évident pour tous que la mise en œuvre de cet accord sera bien plus ardue que les péripéties de sa signature.

Quelques raisons qui expliquent la difficile mise en œuvre de l’accord

En premier lieu, la complexité et la délicatesse de l’accord.  Oui cet accord est complexe et délicat. C’est pourquoi, il lui faut franchir l’étape des explications aux antipodes des applaudissements provoqués pour affronter le test de l’appropriation via la conférence nationale prévue et le référendum obligée. Donc il nous faut continuer avec le débat.  Après le déploiement d’un effort louable pour le développement du nord, il faudrait nécessairement l’étendre à tout le pays pour donner plus de chance à la paix. Car, des populations entières dans le sud tirent le diable par la queue, se nourrissent de cueillette en période de soudure et regardent désespérément les bras valides déserter les champs pour d’hypothétiques richesses aurifères, ou d’hypothétiques eldorados européennes parfois au prix de leurs vies. Aussi, n’a-t-on pas l’impression que l’Etat s’arrête au poste de contrôle de Niamana (Poste de contrôle policière à la sortie Est de Bamako en direction de Ségou, symbolisant la limite géographique de la ville) comme l’a fait remarquer une bouche venimeuse. Autre raison, peut-être la principale, celle se rapportant à la question de la représentativité au sein du comité de suivi et plus tard dans les instances nationales.  Donc avant l’ultime bataille, celle de la représentation au comité de suivi a belle et bien commencé. Elles semblent reprendre les mêmes voies que celles complexes qui ont mené aux accords d’Alger. Cette bataille prématurée plonge Bamako et Alger dans l’embarras. L’embarras de savoir qu’on reprend avec les vieilles habitudes. De vielles et vilaines habitudes qui ont émaillé la phase II des pourparlers d’Alger lorsque les représentants de la CMA (la Coordination des Mouvements de l’Azaouad) avaient refusé de s’asseoir à la même table que ceux de la plateforme. A cette époque, les mouvements rebelles revendiquaient l’exclusivité de la légitimité à négocier avec le gouvernement malien et exigeaient de faire tenir à distance ces derniers à qui ils reprochaient d’être « proches de Bamako ». Aujourd’hui donc, à l’entame  des discussions à l’intérieur  du comité de suivi de la mise en œuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation des querelles similaires refont surface. Elle s’est surtout déportée sur la constitution de la délégation de cinq membres extensibles à laquelle à droit chaque partie. Et à ce niveau, chacun est à l’évaluation des enjeux, sauf que l’enjeu est de taille. Pour la simple raison que la présence à la table de négociation représente aussi la garantie des acquis figurants dans l’accord. Pour l’heure, ces petits arrangements de couloir et les positionnements au sein du comité de suivi font jaser et font perdre le temps. C’est pourquoi, nous espérons tous à une reprise des discussions fixée pour après la fin du Ramadan. Car il y a obligation d’avancer dans ce processus d’application.  Et les échos feutrés de ces batailles de procédures ne sont que désagréablement perçus par le malien lambda qui ne voit dans ce qui se passe au CICB (Centre International des conférences de Bamako) que les prémices des batailles pour le partage d’un gâteau qui reste encore à confectionner.

Paraphe de l’Accord d’Alger : La nécessaire interrogation sur son bien-fondé !

Crédit photo, Michel

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Tout ou presque semble mis en œuvre pour ce vendredi : les déclarations d’intentions, les invitations officielles. En effet, c’est ce Vendredi que Bamako abritera la cérémonie de signature de l’accord d’Alger. Au déterminisme des autorités maliennes et de la communauté internationale s’oppose l’intransigeance de la rébellion à signer tout accord qui n’accorde pas, à la limite, une large autonomie aux régions Nord du Mali. Nonobstant les violations de cesser le feu de ces derniers jours, à Bamako on espère que la CMA (Coordination des Mouvements de l’Azawad), toute la CMA sera de la partie. Plus que trois jours pour être fixé. Et aujourd’hui plus que jamais, les chances sont faibles voire inexistantes pour que les « mouvements » soient à Bamako, parce qu’il y a eu Ménaka, le 27 Avril et ses nombreuses victimes cotés rébellion. Donc, si Moussa Ag Attaher représente la Coordination, toute la Coordination, les « rebelles » ne signeront certainement rien le 15 Mai. D’où l’intérêt de s’interroger sur le bien-fondé de la cérémonie de ce vendredi.

Le réalisme doit-il prévaloir ?

De prime à bord, nous sommes en présence d’un véritable dilemme. Imaginé dans un match de football un gardien qui, sous la pression d’une attaque adverse n’a d’autre choix que de faire une passe en retrait à son gardien de but qui malheureusement a déjà déserté sa cage. La passe en retrait sera-t-il transformée ? Serait-ce un autogoal ? Probablement oui, si la CMA signe ce vendredi. Et c’est justement à  ce niveau que nous tombons dans la complexité. Ce qui m’amène à cette autre réflexion que pose Adam Thiam, éditorialiste  qui nous interroge sérieusement sur le bien-fondé de la cérémonie de ce vendredi : «L’Etat malien qui signera avec la Plateforme et la Communauté internationale n’est pas en guerre avec celles-ci. Et ceux avec lesquels il est en guerre seront non seulement absents, mais en désaccord avec…l’accord ». Donc, on n’est pas très sûr  de ce qui peut arriver le jour J, mais on reste persuader que l’Etat signe par principe de réalité. Sinon, s’il avait le choix, il n’aurait peut-être jamais signé un accord d’une aussi grande gravité pour son avenir. Face donc au principe de réalité, l’Etat aurait puis opposé un principe d’équilibre qui accorderait les mêmes droits et les mêmes privilèges à tous les maliens, du Nord comme du Sud. Car le malien lambda est convaincu que le rebelle touareg est moins méritant que le brave paysan Bo qui, malgré ses difficultés, reste fidèle à l’engagement national. C’est pourquoi, malgré les marches de protestations, les pancartes chauvins passionnées, l’agitation électronique d’internautes chauvins, les débats houleux dans les « grin » le gouvernement et avec lui la majorité des maliens adhèrent à cet accord. Non pas parce que nous sommes un pays sous tutelle, mais surtout que nous sommes un pays sous surveillance. La MINUSMA, « Barkhane», ainsi que toutes les interventions internationales en faveur de notre pays nous engage aux côtés de la communauté internationale.

Une approche consensuelle :

Jusqu’à preuve du contraire, nous pensons que le paraphe était biaisé par la CMA depuis le début du processus. Car les plus extrémistes de ses membres continuent de revendiquer l’indépendance totale de l’Azawad. D’où ce regain de violence.

Il apparait  évident aux yeux de tout observateur même moyennement averti que la CMA n’est aujourd’hui pas encore prêt de parapher. Et jusqu’au moment où j’écris ce billet, on ne connait pas encore ces membres qui se rallieraient à l’accord. Car on sait que l’aile militaire du MNLA (Mouvement National de Liberation de L’Azawad) ne nourrit aucune hâte à intégrer les forces régulières et à se voir disperser hors d’un territoire qu’elle pense contrôler. Et pour ce qui est du HCUA, on sait aussi qu’il ne se satisferait jamais d’un accord qui laisserait en pointillé le sort d’Iyad Ag Ghali

Il nous faut donc approcher l’avenir de notre pays dans un esprit consensuel. Aujourd’hui le challenge que nous avons à révéler a atteint une complexité supérieure à celle des défis proposés par le passé. Nous nous rappelons que la solution militaire s’est le plus souvent révéler inopérante dans la résolution des récurrentes crises au Nord. C’est pourquoi, aujourd’hui la plus grosse difficulté consiste à convaincre la majorité silencieuse de maliens de la nécessité d’accepter l’accord. On le sait d’ailleurs, qu’à part Soumana Sacko, l’opposition malgré ses virulentes critiques, n’appelle plus à rejeter « Alger ».  Et depuis la position de l’une ses figures et non des moindres a considérable évolué au point qu’il considère désormais Alger via Bamako comme une étape vers la paix. C’est donc ensemble que nous emprunterons le chemin vers la paix. Car comme l’écrit Gaoussou Drabo, Journaliste et ancien Ministre de la communication le défi aujourd’hui est de transformer toutes nos hantises en investissement positif dans la multitude de défis qui suivront la signature. Et qui devraient réconforter la Nation malienne. Mais après tout un accord de façade vaut mieux que pas d’accord du tout.

Donc vivement un vendredi historique pour la paix et la réconciliation au Mali.

De l’Art contemporain au Musée National du Mali

Crédit photo, Michel

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C’est par le plus grand des hasards que je me suis retrouvé cette semaine au milieu d’une exposition d’Art contemporain au Musée National. Du coup, je me suis surpris à admirer une expression artistique qui m’était jusque-là méconnue. Soyez en sur je n’ai pas boudé mon plaisir.

L’Art contemporain au MNM, une exposition inhabituelle !

Crédit photo, Michel

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Cette exposition, loin d’être une première pour ce musée, se situe dans la continuité d’une politique de promotion de l’art contemporain au Mali et en Afrique. Il s’agit pour Samuel Sidibé, directeur du MNM, de donner à la création contemporaine la place qui lui revient. C’est pourquoi depuis quelques années le MNM organisent de nombreuses expositions dont : Vision contemporaine en 2006, Contact zone en 2007, Afrique contemporaine en 2009 ; à travers lesquelles il s’est octroyés une belle collection.  Ainsi cette exposition porte sur un échantillon de la belle et riche collection d’Art contemporain du Musée National regroupant une quarantaine d’œuvres. Il s’agit des dessins, des photos, et des vidéos.  Rappelons que le Musée National du Mali est l’un des rares musée d’Afrique à posséder une collection d’art contemporain. Et pour Samuel Sidibé, ceci s’explique  par le fait que les musées africains accordent peu d’intérêt à l’art contemporain.  Ils sont plutôt tournés uniquement vers la conservation de la culture africaine dans sa tradition et son authenticité. Oubliant au passage que les œuvres d’art contemporain africain sont enviés et très appréciés de quelques galeristes et collectionneurs privés de par le monde. Aussi surprenant que cela puisse être, malgré la présence de grands évènements comme la « Biennale des arts de Dakar » ou encore les « rencontres photographiques de Bamako », les œuvres d’arts contemporains africains ne sont pas suffisamment valorisées sur le continent quand on sait  qu’elles se vendent bien dans les grandes capitales occidentales. Donc cette exposition, pour le moins inhabituelle, veut rendre accessible l’art contemporain africain au public africain. C’est aussi une façon d’encourager la création contemporaine. Et c’est le rôle d’un musée que d’offrir des espaces aux jeunes artistes pour leurs expositions dans le but de projeter la mise en place de futurs musées d’art contemporain en Afrique.

Une découverte éblouissante !

Crédit photo, Michel

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C’est vrai que j’ai pris beaucoup de plaisir à visiter cette exposition. Ce fut une belle découverte, même si j’ai eu du mal, pour un départ, à comprendre la signification des œuvres. Mais bon difficile de se contenir d’émotion face à de si belles œuvres. J’ai été éblouie par la grande créativité de nos artistes contemporains qui, de la peinture à la vidéo en passant par la photo, font étalage de tout leur talent. Entre-autres artistes présent à cette exposition, de nombreux maliens dont les plasticiens Mamadou Somé Coulibaliy, Ismael Diabaté et Abdoulaye Konaté ; le designer Cheick Diallo ; les photographes Seydou Keita et Malik Sidibé. Mais aussi d’autres nationalités parmi lesquelles on peut citer : le photographe-journaliste sud-africain Jodi Bieber, la photographe camerounaise Engèle Etoundi Essamba, le peintre et graveur algérien Rachid Koraichi etc.  Bref des œuvres venant du Benin, de la Cote d’Ivoire, de la RDC, du Togo, du Sénégal, de la Tunisie, d’Egypte, du Nigéria, du Ghana, du Kenya, d’Afrique du Sud.

C’est un pur moment de bonheur qu’offre-le musée en cette période difficile pour notre pays. Peut-être que c’est par ces initiatives culturelles que nous arriverons à surmonter nos peines.

Pour ceux d’entre vous qui auront l’opportunité de visiter notre « maliba », vous pourrez faire un détour par le Musée car cette exposition continuera jusqu’au 15 Juin. Comme quoi, dans notre pays, même en période de crise, l’activité culturelle bat son plein.

Chasse aux «CH » ou véhicules non immatriculés, Une Psychose s’installe à Bamako !

Crédit photo, Michel

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Suite à l’attaque terroriste du bar-restaurant « La Terrasse » à Bamako, qui a fait cinq morts, les autorités maliennes ont décidé de renforcer les mesures de sécurité dans la capitale et sur l’ensemble du territoire national. Ainsi, une opération « CH » fut, depuis, lancé par les forces de défense et de sécurité. Elle consiste à l’interdiction systématique des véhicules non immatriculés de la circulation.

Opération « CH », entre gâchis, arnaque et bavure

L’attaque terroriste du 28 Février dernier dans laquelle avait été  impliquée une voiture n’ayant pas de plaque et pour laquelle les recherches sont restées jusque-là sans succès, le gouvernement malien procède à l’interdiction de circuler pour les véhicules non immatriculés sur l’ensemble du territoire national. La décision a été prise lors d’une réunion interministérielle présidée par le Premier ministre Modibo Kéita.

La version officielle a affirmé que l’attentat du 28 février à Bamako, qui a fait cinq morts, dont un Français et un Belge, a été mené par un commando de deux hommes armés circulant l’un sur une moto et l’autre à bord d’un véhicule sans plaque immatriculation. La décision ministérielle concerne toutes les voitures CH et celles qui n’ont pas d’identification, selon les règles de la Compagnie de circulation routière.

C’est donc dans une ambiance de stupéfaction générale que cette mesure entre en vigueur. Tambour battant, l’opération de nettoyage semble un succès, car selon  l’autorité routière, la police a arrêté des centaines de voitures dans la cour du GMS (Groupement mobile de sécurité) et a affiché une volonté implacable à appliquer les consignes du gouvernement pour la sécurité des personnes et des biens sur l’ensemble du territoire. Mais aujourd’hui qu’en est-il du Bilan de cette opération ?

D’abord le gâchis

La Police Nationale ne disposant pas de parking adéquat pour le nombre important de véhicules interpelés et immobilisés, ces derniers se retrouvent dans un état déplorable. La canicule qui s’abat sur la ville est en train d’émietter leurs vitres et bon nombres de pneumatiques sont désormais hors d’usages. Petit à petit, la cour du GMS se transforme en un cimetière de véhicules neufs ou d’apparence neufs. Car il faut savoir la plupart de ces véhicules disposent d’une carte grise provisoire leur autorisant à circuler avec les fameux Numéro « CH » qui n’est autre que le numéro de châssis du Véhicule.

Puis la corruption

A priori, rien de nouveau à ce sujet, sauf que, la corruption accable plus la police, que n’importe quel autre service de l’Etat. Donc, rien de surprenant que de comprendre les coups d’arnaques et de pots de vin s’introduire dans cette opération réputée à ses débuts sincères. Ainsi, comme nous commençons bien à nous en apercevoir, les véhicules « CH »  interceptés, conduit et gérés par le personnel des lieux sont, pour la plupart, remis à leurs propriétaires moyennant le paiement d’un montant compris entre cinquante (50 000) et deux cent (200 000) milles franc CFA. Et au tour de tout cela s’implante et se développe une véritable mafia policière (fabriquant et vendeur parfois de plaque d’immatriculation) qui ne fait qu’atténuer tous les efforts du gouvernement pour sécuriser la ville et le territoire national. En outre, Selon des sources proches de la Compagnie de circulation routière, la quasi-totalité des véhicules sans plaque d’immatriculation appartient aux hauts dignitaires du régime. Il s’agit des  ministres, des députés et des officiers supérieurs des forces de défense et de sécurité.

Et enfin, la bavure

Dans la nuit du vendredi 03 Avril 2015, un malheureux conducteur d’un véhicule avec « CH » fut abattu par la police après qu’il ait refusé d’obtempérer. Les faits surviennent aux environs des halles de Bamako, à cheval entre le quartier de Sokoniko et Niamakoro dans la commune 6 du District de Bamako. L’infortuné répondant au nom de Moha Alassane Cissé pris de panique, après être interpelé par les éléments d’une patrouille, tente de fuir avant d’essuyer les tirs des éléments de la police et de la garde pris certainement de panique aussi. Mortellement atteint, il succombera des suites de ses blessures à l’Hôpital du Mali, l’un des trois plus grands hôpitaux du Mali. La mort de ce jeune conducteur suscite un débat houleux au sein des bamakois : une partie approuvant la réaction, et une autre la reprouvant en la qualifiant de bavure de trop. Quoiqu’il en soit, nous sommes en présence d’un état de psychose généralisé qui sort sur des situations parfois dramatiques. D’un côté, il y a les conducteurs de « CH » qui, en raison de la possession d’une carte grise provisoire et de la lenteur des procédures par les services des transports, pensent être dans une légalité de circuler. De l’autre côté, il y a les forces de  défense et de sécurité seront, de l’avis des observateurs, mal préparés face à la situation qui prévaut. Par ailleurs ils subissent une forte pression qui leur rend par conséquent nerveux d’où des situations de ce genre que d’aucuns qualifierons de bavure. En définitive et nous l’aurons bien compris la pression s’exerce autant sur les forces de sécurité que sur les usagers.

Ce que l’on peut retenir c’est que l’opération « CH » n’aura pas permis de minimiser l’insécurité, loin s’en faut. Il a plutôt permis l’installation d’un climat de psychose généralisé dans un pays qui peine à retrouver ses marques.

L’attaque de « La terrasse » suscite l’émoi des bamakois

Crédit photo, Michel

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On avait tant redouté cet instant. Mis à part cet attentat manqué à la bouteille de gaz devant l’ambassade de France, Bamako était resté à l’abri. On avait fini par croire que cette ville ne courait plus le risque d’une attaque terroriste. Mais enfin arriva ce qui devrait arriver, avec cette attaque d’un Bar-restaurant prisé de la capitale. Situé à l’hippodrome, jouxtant une rue dénommé «  rue princesse » à l’image d’une des célèbres rues d’Abidjan.  La Terrasse, certes fréquentés massivement par les expatriés, recevaient aussi une forte clientèle locale. Une bonne partie de la jeunesse branchée bamakoise fréquentent cette rue, car elle abrite bon nombre de bars, de restaurants, de discothèques etc. de la ville. Oui nous y faisons tous un tour les week-ends pour nous recréer.

Cette attaque confirme  que Bamako est une proie facile, une ville fragile.

Bamako est certes la capitale d’un pays à majorité musulmane, mais Bamako n’en est pas moins une capitale d’ambiance d’un pays totalement laïque ou les libertés individuelles sont  totalement acquises. Jusqu’à cette nuit fatidique de l’attaque de ce Bar au centre de la ville, Bamako représentait l’image d’une ville douce, hospitalière et relativement sure. Mis à part la recrudescence d’un banditisme urbain, il n’y existe guère un réseau de crime organisé comme l’on peut observer sous d’autres cieux. C’est peut-être  pour toutes ces raisons que les autorités n’ont jamais évalué le dispositif sécuritaire de la ville, ou peut-être l’on toujours considérés, à tort, suffisante. Du coup, on a l’impression qu’on peut frapper cette ville à tout moment. Cela nous rendrait grand service si avant de nous endormir, si avant de prendre nos grands airs, nous nous rappelions cette triste vérité que notre ville n’est pas la forteresse espérée. Ce n’est pas agréable de savoir que nous ne sommes pas à l’abri des flèches de l’adversité mais cela peut nous garder humble et nous préserver de mauvaises surprises comme l’attaque de la Terrasse.

Le ressenti des bamakois au lendemain de ces premières attaques terroriste dans leur ville.

Il faut dire que cette attaque terroriste a plongé cette ville et ses habitants dans la stupeur, dans la tristesse et dans un état de choc total. Unanimement, les bamakois ne comprennent pas les raisons d’une telle attaque. Ils sont scotchés dans les interrogations. D’une part il dénonce avec grand mépris l’ignominie des terroristes qui se sont attaqués à leur ville, d’autres parts, ils déplorent l’irresponsabilité des autorités qui, de l’avis de nombre d’entre eux, ne font pas sérieusement face à cette nouvelle forme de menace. Encore qu’on se rappelle de ces signes prémonitoires qui laissaient présager le risque d’attaque terroriste dans la ville et qu’en face on ne voyait aucune volonté des autorités d’y remedier.

L’objectif de ceux qui ont attaqué Bamako était de nous foutre la peur. Mais nous leur disons que nous n’en avons rien  à branler. Oui ils n’arriveront pas à nous faire peur. Plus que jamais, les bamakois sont debout et solidaires. C’est pourquoi nous invitons tous nos hôtes de ne pas céder à la panique. Nous leurs invitons à se joindre à nous pour faire un front commun contre ces adeptes de la violence. Je voudrai juste rappeler que ces méchants peuvent frappés partout et à tout moment : on se rappelle des attentats du 11 septembre 2001 à New York, ou plus proche de nous, ceux qui ont frappé Paris en janvier 2015. Comme pour dire que tous les endroits du monde sont susceptibles d’être frappé par ces terroristes  qui n’ont d’autres buts que de semer la peur dans notre monde de libertés.

En attendant de mettre la main sur les responsables de ces attaques, Bamako tente de cicatriser ses plaies et reste debout pour éviter d’être surpris une fois encore.