Nouvelle guerre au Nord du Mali !

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Malgré la promesse du paraphe de l’accord d’Alger le 15 mai 2015 à Bamako, les bruits de bottes se font entendre de nouveau dans la partie septentrionale du pays . Il s’agirait bien de la réponse à l’affront de Menaka du 27 avril dernier d’où le Gatia (Groupe autodéfense touareg Imghad et alliés) avait délogé le MNLA (Mouvement national de libération de l’Azawad). En effet la riposte n’a pas tardé : Goudam et Léré ont été attaqués par la rébellion. Deux attaques qui ont fait des victimes militaires et civiles. En les revendiquant, la CMA (Coordination des mouvements de l’Azawad)  vise délibérément l’Etat malien. Et encore dans la nuit de mardi, 5 mai 2015 ce fut Tenekoun, dans le centre du pays qui a été le théâtre d’affrontement entre les Famas et les éléments de la CMA. Une chose est sure, ces évènements viennent renforcer la confusion qu’il y a autour d’un possible paraphe de l’accord d’Alger par la CMA. Il est évident qu’aujourd’hui nous sommes en face de vérités nouvelles qui confirment nos anciens diagnostics, sans pour autant nous aider à élucider l’avenir. Désormais, nous entamons une période d’incertitude inspirée d’une impasse imprévisible et improbable. La CMA, surtout sa frange extrémiste n’est-elle pas en train de profiter de l’occasion pour raviver une logique d’affrontement en arguant du « manque de sincérité du gouvernement ». Comme c’est d’usage dans les communiqués du MNLA.

Le conflit n’est toujours pas fini au nord du Mali

Nous avons fini par comprendre définitivement que rien n’est prévisible et même logique dans ce qui peut arriver dans notre pays, particulièrement dans sa partie septentrionale. Depuis 2012, nous sommes passés par toutes les épreuves. Et aujourd’hui du plus profond d’eux-mêmes, les Maliens aspirent ardemment à un minimum de certitudes sur le devenir du pays. Hélas ce vœu attendra encore d’être exaucé. Car la présentation des derniers évènements, particulièrement depuis le paraphe de l’accord d’Alger par le gouvernement, prend une tournure guerrière. Cette nouvelle tournure pourrait faire voler en éclats l’espoir d’une signature le 15 mai prochain tant le clan des partisans de l’affrontement au sein de la CMA apparaît dominant. Il est évident que ce mouvement est désormais plus proche du treillis que du paraphe. Même si le contexte diffère de celui 2012 qui avait vu le nord du Mali tomber sous le joug d’une rébellion politique appuyée de ses alliés intégristes salafistes, qui pour finir l’avait chassée.

La présence de l’ONU et des forces françaises devraient limiter les risques de l’embrasement ou la réédition du cauchemar vécu. Qu’à cela  ne tienne, nous constatons que toutes les trêves sont rompues, tous les accords sont violés, des vies sont en danger : celles de civils comme celles de militaires.   Seule l’interposition des forces neutres peut sauver les meubles. En attendant, le conflit au Nord n’est toujours pas fini. Toute la nation entière semble suspendue à cela. Et les récentes attaques dans la région de Mopti ajoute le centre du pays à la mêlée.

Et maintenant, comment trouver la juste approche pour que la CMA paraphe l’accord d’Alger ?

Il apparaît prématuré de croire que les accrochages récents constituent une flambée circonstancielle et on espère que l’on reviendra assez rapidement à la situation qui prévalait après le dernier accord de cessation des hostilités signé le 19 février dernier à  Alger.  Pour l’heure , il faut assurer la sécurité et maintenir l’ordre au Nord ave l’aide des forces onusiennes. Mais l’expérience démontre qu’une telle mission semble au-dessus du degré d’implication des casques bleus. Car et compte tenu de leurs sous- équipements, ils ne risqueront jamais d’engager une confrontation directe avec un groupe armé qui ne pense qu’à réinvestir le Nord dont il rêve, depuis toujours de faire un Etat : le fameux Etat d’Azawad.  Reste maintenant une seule alternative qui s’impose ; celle de mettre fin à la passivité forcée de l’armée malienne. Ce palliatif a peu de chances d’aboutir avant la signature définitive de l’accord pour la paix et la réconciliation au Mali.

Et c’est sur ce point que je termine avec mon propose. La médiation n’a plus beaucoup de choix que d’attendre le jour J, le 15 mai prochain. Point besoin de tergiverser, car cela n’enverrait qu’un mauvais signal à l’aile dure de la CMA qui, à mon humble avis, n’a jamais emprunté le chemin de la réconciliation et de la paix

Spirale tragique en Méditerranée !

Image, créative Common

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Si je n’étais pas solide comme un indomptable, plus dure que silex, je n’aurai pas ce grand courage, et cette grosse et indéfectible motivation de vouloir rejoindre l’autre rive de la méditerranée. Je suis accablé par cette irresponsabilité qui me poursuit. Pauvre de moi, je fais partie de cet impudent continent. Un continent qui n’éprouve aucune honte à envoyer ses enfants à la mort.

Le second reproche est ma dureté de cœur, et je ne peux pas plaider mon innocence de ce côté. Oui c’est contre vents et marée que je me lance à la quête d’un bonheur inespéré. Un bonheur ! Que j’espère bien retrouver de l’autre coté la grande eau. Mais voici qu’au bout de la pénible traversée, je rends fatalement ma vie. Mon histoire est celle de beaucoup de jeunes africains qui sont affligés dans leur vie au point de ne plus vouloir rester sur leur terre natale.

Il y a la mort sur la route qui mène au bonheur

Pour la jeunesse africaine paumée, le rêve est de réaliser cette odyssée pour rejoindre l’eldorado européen. A croire que Lampedusa avec le foot sont devenus leur opium. Le Mali, à l’instar de nombreux pays subsaharien, est concernée par cette vague incontrôlable de jeunes qui tente l’aventure de la traversée de la méditerranée au prix de leur vie. Et de l’autre côté de la rive on ne fait que constater le drame en recueillant les corps pour ceux d’entre eux qu’on aura retrouvé.  Sinon pour la plupart ils disparaissent complètement et pour de bon au fond de cette mer qui est en train de devenir la plus dévoreuse d’âme de toutes les mers. Il faut savoir qu’à Bamako et dans tout le pays, de nombreuses familles portent le deuil de leurs enfants dont elles ne reverront même  plus le corps. Les dernières tragédies de la Méditerranée ont frappé douloureusement le Mali. Aujourd’hui, nous ne pleurons pas une vingtaine mais plus d’une centaine de nos compatriotes restés au fond de la mer. Au passage, nous tirons le chapeau au Ministre des Maliens de l’Extérieur qui, pour la première fois, a apporté le bilan au gré de son évolution.

Cependant, au-delà de la tristesse que nous ressentons, nous nous devons de nous interroger sur les racines actuelles de cet engrenage dans les hautes eaux. De cette ruée vers l’Europe.

La chute de Kadhafi qui a réduite à l’insignifiance l’Etat libyen

Juste après la chute de Kadhafi et la Jamahiriya, certains analystes avaient attiré l’attention sur les risques qu’allait susciter la disparition du très critiquable pouvoir à plusieurs égards, mais qui assurait la régulation d’importantes contradictions internes et régionales.  Par la suite, la situation actuelle de ce pays donne raison aux prophètes de malheur. Les pourfendeurs et non moins tombeurs du Guide ont accumulé les erreurs. Ils n’ont jamais su remplacé le guide  et sa Jamahiriya. Jamais ils n’auront réussi à s’appuyer sur une force clairement identifiée susceptibles de faire naitre un nouvel ordre. Un véritable ordre capable de surmonter les contentieux entre tribus et les rivalités entre provinces. Ils ont surtout rendu perméable ce pays aux terrorismes. Et il est en train de devenir un sanctuaire de combattants qui menacent sérieusement la stabilité du Maghreb et du Sahel. C’est donc du triomphe d’une rébellion appuyée par des forces internationales supposée salvatrice qu’est né le berceau africain de l’Etat islamique et la cause principale d’une des plus graves tragédies humaines des dix dernières années.

Pour l’heure, le problème majeur sans la moindre esquisse de solution est que les réseaux de passeurs ont pignon sur rue en Libye. Car il s’agit là d’un pays ou l’autorité de l’Etat est complètement  réduite à l’insignifiance et ou les groupes armée tirent leurs révérences d’activités mafieuses.  Donc face à cet imbroglio et à cette déferlante en haute méditerranée, il urge de répondre comme il fut urgent d’appuyer les forces rebelles pour faire chuter Kadhafi. Pendant que l’Europe se démène pour avoir la juste réponse à cette situation « chaostisante », la spirale de la tragédie de jeunes africains continue en Méditerranée

Paraphe de l’accord d’Alger : un acte de raison et d’engagement pour la paix au Mali

Image, créative Commons

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Il est prévu par la médiation de faire signer l’accord d’Alger le 15 mai prochain à Bamako. Il s’agit pour elle de clore définitivement avec la très mauvaise séquence qui a failli ébranler ce fameux accord. Mais bon,comme le dit ce proverbe « Bamanan » : « Mieux vaut avoir quelque chose dans la bouche que d’avoir la bouche complètement vide », pour dire que nous contenterons bien de cet accord malgré ces imperfections. Car il s’agirait bien d’un acte de raison et d’engagement pour la paix et la réconciliation au Mali.

Un acte de raison 

Depuis 2012, le Mali est plongé dans une crise profonde dont il peine à sortir. Il y a eu le réveil de cette rébellion touarègue au tout début de l’année 2012 qui a ouvert les portes d’une succession événements tragiques, d’épisodes dramatiques et de tensions de toute nature qui n’ont fait que troubler le quotidien des Maliens. Nous sommes résolument convaincus qu’il est inutile de revenir à chaque fois sur la longue liste de nos malheurs de ces trois dernières années, mais nous devons prendre le temps d’analyser. Analyser les causes de la crise actuelle en vue d’apporter nécessairement des solutions durables. Car, malgré notre résilience reconnue, l’horizon tarde à se dégager. C’est pourquoi, en dépit de nos nombreuses réserves vis-à-vis de cet accord, nous l’avons unanimement accepté.  Nous l’avons accepté pour avancer ensemble dans le souci commun de réduire les périls, de réhabiliter le vivre ensemble, de redresser l’économie nationale, bref d’emprunter enfin le chemin du développement. Loin donc de la résignation, les Maliens ont opté pour l’accalmie inspirée d’un immense désir de tranquillité, d’une intense demande de sécurité et d’une forte envie de retrouver le vivre ensemble. Au détour de la lassitude à perdurer dans l’incertitude, les Maliens veulent voir le début d’un redressement de leur situation. Donc, la signature du 15 mai répond à une nécessité de la raison. La raison pour éviter une déstabilisation pérenne et accentuée de toute la partie nord du Mali. Mais au-delà, il faut aussi signer pour s’engager. S’engager résolument à lutter contre le terrorisme renaissant.

Un acte d’engagement

Il nous faut avoir la juste réponse à la renaissance du terrorisme au nord du Mali. Plus que jamais la CMA (Coordination des mouvements de l’Azawad) doit mettre fin à ses foucades pour parapher l’accord d’Alger. Car il nous parvient des échos de terreur du Nord. On sait que Serval et plus tard la Minusma n’ont par réussi à mettre totalement en débandade le Mujao et ses autres alliés. Et ces dernières semaines, ils ont multiplié les attentats. Du nord au sud en passant par le centre, ils sont parvenus à répandre la psychose. Pour entretenir les espoirs que porte le futur accord de Bamako,  il convient pour la CMA de rejoindre les autres compatriotes afin de lutter contre le terrorisme renaissant. Il y va de sa crédibilité.

La nouvelle donne au Nord fait remarquer le retour en puissance du Mujao qui s’appuie désormais sur des sympathies locales en réveillant ces cellules locales. Plus que par le passé ces dernières sont de nouveau opérationnelles avec un mode d’actions bien adaptées à la situation. Des motos remplacent les pick-up ; les attaques de convois de ravitaillement et les attentats-suicide sont en train de remplacer les affrontements directs avec l’armée malienne. La situation bascule en cauchemar aussi bien au Nord qu’à Bamako et dans le centre. Pour toutes ces raisons notamment, mettre un terme à ces agissements inutiles s’impose, car c’est ensemble qu’il faut apporter la juste solution au danger renaissant.

Il est souhaitable que les ultimes efforts de la médiation d’ici le 15 soient payants. Quelle que soit la fragilité d’une solution négociée, elle aura le mérite d’éviter une déstabilisation accentuée d’une partie, ou même l’ensemble, de notre pays et l’imminence d’un nouveau cycle d’incertitude. Pour réussir, les médiateurs espèrent compter sur toutes les bonnes volontés du nord du Mal et de toute la nation malienne.

Malgré tout, nous n’allons pas nous voiler la face, il est possible que le 15 mai n’ait pas lieu. Un tout autre scénario paraît plausible tant le caractère irrédentiste de certains extrémistes touaregs pourra faire voler en éclats l’espoir de toute une nation. Mais pour l’avenir du Mali, la CMA doit nécessairement être raisonnable et réaliste pour parapher en vue d’engager aux côtés du gouvernement une lutte résolue contre le terrorisme renaissant qui pourrait briser tous nos espoirs.

De l’Art contemporain au Musée National du Mali

Crédit photo, Michel

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C’est par le plus grand des hasards que je me suis retrouvé cette semaine au milieu d’une exposition d’Art contemporain au Musée National. Du coup, je me suis surpris à admirer une expression artistique qui m’était jusque-là méconnue. Soyez en sur je n’ai pas boudé mon plaisir.

L’Art contemporain au MNM, une exposition inhabituelle !

Crédit photo, Michel

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Cette exposition, loin d’être une première pour ce musée, se situe dans la continuité d’une politique de promotion de l’art contemporain au Mali et en Afrique. Il s’agit pour Samuel Sidibé, directeur du MNM, de donner à la création contemporaine la place qui lui revient. C’est pourquoi depuis quelques années le MNM organisent de nombreuses expositions dont : Vision contemporaine en 2006, Contact zone en 2007, Afrique contemporaine en 2009 ; à travers lesquelles il s’est octroyés une belle collection.  Ainsi cette exposition porte sur un échantillon de la belle et riche collection d’Art contemporain du Musée National regroupant une quarantaine d’œuvres. Il s’agit des dessins, des photos, et des vidéos.  Rappelons que le Musée National du Mali est l’un des rares musée d’Afrique à posséder une collection d’art contemporain. Et pour Samuel Sidibé, ceci s’explique  par le fait que les musées africains accordent peu d’intérêt à l’art contemporain.  Ils sont plutôt tournés uniquement vers la conservation de la culture africaine dans sa tradition et son authenticité. Oubliant au passage que les œuvres d’art contemporain africain sont enviés et très appréciés de quelques galeristes et collectionneurs privés de par le monde. Aussi surprenant que cela puisse être, malgré la présence de grands évènements comme la « Biennale des arts de Dakar » ou encore les « rencontres photographiques de Bamako », les œuvres d’arts contemporains africains ne sont pas suffisamment valorisées sur le continent quand on sait  qu’elles se vendent bien dans les grandes capitales occidentales. Donc cette exposition, pour le moins inhabituelle, veut rendre accessible l’art contemporain africain au public africain. C’est aussi une façon d’encourager la création contemporaine. Et c’est le rôle d’un musée que d’offrir des espaces aux jeunes artistes pour leurs expositions dans le but de projeter la mise en place de futurs musées d’art contemporain en Afrique.

Une découverte éblouissante !

Crédit photo, Michel

Crédit photo, Michelrt

C’est vrai que j’ai pris beaucoup de plaisir à visiter cette exposition. Ce fut une belle découverte, même si j’ai eu du mal, pour un départ, à comprendre la signification des œuvres. Mais bon difficile de se contenir d’émotion face à de si belles œuvres. J’ai été éblouie par la grande créativité de nos artistes contemporains qui, de la peinture à la vidéo en passant par la photo, font étalage de tout leur talent. Entre-autres artistes présent à cette exposition, de nombreux maliens dont les plasticiens Mamadou Somé Coulibaliy, Ismael Diabaté et Abdoulaye Konaté ; le designer Cheick Diallo ; les photographes Seydou Keita et Malik Sidibé. Mais aussi d’autres nationalités parmi lesquelles on peut citer : le photographe-journaliste sud-africain Jodi Bieber, la photographe camerounaise Engèle Etoundi Essamba, le peintre et graveur algérien Rachid Koraichi etc.  Bref des œuvres venant du Benin, de la Cote d’Ivoire, de la RDC, du Togo, du Sénégal, de la Tunisie, d’Egypte, du Nigéria, du Ghana, du Kenya, d’Afrique du Sud.

C’est un pur moment de bonheur qu’offre-le musée en cette période difficile pour notre pays. Peut-être que c’est par ces initiatives culturelles que nous arriverons à surmonter nos peines.

Pour ceux d’entre vous qui auront l’opportunité de visiter notre « maliba », vous pourrez faire un détour par le Musée car cette exposition continuera jusqu’au 15 Juin. Comme quoi, dans notre pays, même en période de crise, l’activité culturelle bat son plein.

Je suis Malien et je le resterai : « zouska » à la mort, dixit Alou Sam !

www.pri.org

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Depuis 2012 ; depuis cette année fatidique ou mon cher pays, le Mali a connu une déconvenue des plus spectaculaires que j’ai décidé de n’avoir plus honte d’être Malien. Même si j’avoue que cela ne m’enchante plus de reprendre comme par le passé cette maxime : «Je suis un Malien et fier de l’être ». Cependant quand je jette un regard sur l’avenir politique de notre pays je me rends compte que la question d’identité nationale a été de tout temps remise en cause, du moins en ce qui concerne les Touaregs. D’où cette interrogation qui me trotte l’esprit à chaque fois : comment atteindre l’identité nationale dans un pays ou un groupe ethnique ne se sent pas appartenir à la nation ?

La nation malienne et la question de l’identité nationale 

Au Mali, la nation est apparue depuis toujours comme un acquis, hormis bien attendu la récurrente crise touarègue au Nord. Mais pourquoi ce groupe se retrouve-t-il à la marge de la nation malienne. La réponse à cette question relève plus d’un sentiment de réfraction à la nation qu’un désir d’autonomie pour les Touaregs. Mieux, il y a même la question d’identité culturelle qui semble être le cœur du propos. Oui, les Touaregs vivant loin du Sud-Mali se sentent parfois culturellement différents. Mais, le territoire et la nation hérités de la colonisation française ont pris un visage ; le visage d’une nation avec des identités culturelles, ethniques, religieuses qui s’est stabilisée depuis.  Ainsi, avec l’indépendance, une nation malienne avec des identités culturelles y compris touarègues s’est constituée. Malgré les soubresauts touaregs au Nord, on a toujours eu le sentiment d’appartenir à une nation solide qui paraissait inébranlable. Au Mali comme ailleurs, l’identité nationale plus qu’un concept est un sentiment général d’appartenance à une nation. Aussi, ne couvre-t-elle pas de nombreuses identités culturelles. C’est pourquoi nous sommes très surpris de voir émerger le projet d’une possible partition de la nation. Oui nous restons confiants en la survie d’une nation malienne telle qu’elle fut à sa création.

Malien « zouska » la mort

Au moment où l’avenir politique semble compromis, voire la survie même du pays, il y a un regain de nationalisme malien à la limite chauviniste. Oui une majorité de Maliens revendique à qui veut l’entendre qu’ils sont Maliens et fiers de l’être. Et ils crient comme Alou Sam dans la chanson qu’ils resteront maliens « zouska » la mort : entendez par jusqu’à la mort. Donc, la CMA (Coordination des mouvements de l’Azawad) doit rompre avec ces incertitudes pour se vêtir de l’habit national qu’il porterait « zouska » la mort.

Aujourd’hui ,plus que par le passé, la communauté internationale doit dépasser le principe de persuasion avec la CMA et ses acolytes pour aborder la phase de pressions inamicales avant d’envisager les sanctions contre les récalcitrants. Car, il doit être clair pour tous les amis du Mali que l’avenir de ce pays ne peut être suspendu à l’incertitude. Avant que la situation ne s’envenime, il faut clairement et définitivement faire comprendre à tous les protagonistes qu’ils resteront tous Maliens « zouska » à la mort !