L’ONU est-elle en mesure d’assurer le maintien de la paix ?

Hote de l'Amitié

QG de la MINUSMA à Bamako, Photo Michel

 

En Afrique comme dans les parties chaudes du monde, presque tous les pays ont eu droit à leur mission de stabilisation ou leur opération de maintien de la paix. A ce jour on en compte 47 missions (terminées ou en cours) plus les opérations mandatées par l’ONU dans le monde.

Dans l’imaginaire collectif malien comme dans celui de nombreuses personnes de par le monde, les missions onusiennes de maintien de la paix ont souvent échoué lamentablement. Ces échecs résultent du contenu des mandats. A titre d’exemple la plupart de ces mandats limitent l’usage de la force, même pour sauver la vie des populations civiles. Il s’agirait, la plupart du temps, de détachement militaires sous-équipés, ou plutôt de forces folkloriques attirées par de faramineuses soldes  Ainsi, à cause de cette étiquette et de bien d’autres d’ordre moral et social, les opinions publiques des pays en crise sont de plus en plus réticentes aux déploiements des casques bleus sur leur sol. Cependant, ces soldats de la paix n’ont pas été toujours controversés.

L’âge d’or des opérations de maintien de la paix

On ne va pas réécrire l’histoire des opérations de maintien de la paix de l’ONU, mais on va juste rappeler quelques dates qui ont fait la réputation de cette activité phare des Nations unies.

En effet c’est depuis 1948 que l’ONU déploie des contingents militaires pour maintenir la paix et la stabilité dans le monde. C’est justement à cette date que, pour  la toute première fois, le Conseil de sécurité à autorisé le déploiement d’observateurs militaires au Moyen-Orient pour surveiller l’application de l’accord d’armistice entre le nouvel Etat d’Israël et ses voisins arabes. Les opérations de maintien de la paix de l’ONU naissent à une époque où les rivalités de la guerre froide auront souvent paralysé le Conseil de sécurité. C’est dans ces contextes de tensions entre vainqueurs de la Deuxième Guerre mondiale que l’ONU va déployer des forces de par le monde pour maintenir des cessez-le-feu et stabiliser des situations sur le terrain en assurant un appui crucial aux efforts politiques de règlement des conflits par des moyens pacifiques. Ces missions étaient composées d’observateurs militaires non armés et de soldat munis d’armes légères dont le rôle consistait essentiellement à surveiller la situation sur le terrain, à en faire rapport et à rétablir la confiance entre les parties en présence. C’est à partir de cette philosophie que les premières missions de maintien de la paix ont été des succès.  On garde en mémoire de cette première mission de paix armée (Funu I), déployée avec succès en 1956 pour résoudre la crise du canal de Suez. Sur le parcours de ce long et laborieux combat pour la paix et la stabilité dans le monde, ces missions auront connu des fortunes diverses. Des échecs, mais surtout des succès qui ont été couronnés en 1988 par un prix Nobel de la paix.

Bien qu’elle soit traitée de tous les noms, même de machin, l’ONU et ses missions de la paix demeurent des garants de la paix et de la stabilité dans le monde. Car « par leurs efforts, les forces de maintien de la paix ont beaucoup contribué à la réalisation de l’un des buts fondamentaux de l’ONU. L’organisation est aujourd’hui amenée à jouer un rôle central dans les affaires mondiales et se trouve investie d’une plus grande confiance».  Il ne s’agit plus seulement de garantir un cessez-le-feu d’un accord de paix ou de surveiller des frontières, il s’agit aussi d’accompagner le processus de transition politique, de désarmer les anciens combattants et de les réinsérer dans la société, d’organiser des élections, de protéger les droits de l’homme, d’assurer le déminage, d’améliorer les conditions humanitaires, d’œuvrer au redressement économique. C’est ainsi que dans la première moitié des années 1990, les opérations de maintien de la paix se sont multipliées, mobilisant quantité de personnels militaires et civils. A l’heure donc de la maturité, qu’en est-il de leur avenir des opérations de maintien de la paix et quelle image dégage-t-elle à travers le monde ?

Les opérations de maintien de la paix : la controverse chemine avec la nécessité

Environ 120 000 personnes originaires de 114 pays, dont 18 000 personnels civils, participent aux 16 missions de maintien de la paix  en cours dans le monde. Mais au fil du temps de nouveaux défis s’imposent, nécessitant de nouveaux moyens et l’élargissement du contenu des mandats. Désormais le maintien de la paix, développe une approche multidimensionnelle regroupant militaires, policiers et civils afin d’intervenir dans des domaines aussi variés que la protection des civils, des droits de l’homme ou la promotion de l’état de droit. Alors même que les Nations unies font face à des défis en RDC, au Mali et éventuellement en Somalie ou en Syrie, Hervé Ladsous, Secrétaire général adjoint des Nations unies chargé des opérations de maintien de la paix,  révèle deux vérités fondamentales auxquelles les missions de la paix de l’ONU doivent faire face :

Il pense, premièrement que le maintien de la paix ne peut se substituer à un accord politique. Et que les interventions doivent se fonder sur un cadre politique clair. Si en RDC, la Monusco, -à travers l’accord- cadre pour la paix, la sécurité et le développement signé entre 11 pays de la sous-région centrafricaine-, tente vaille que vaille de mettre un terme au cycle récurent de la violence ; au Mali, il reste beaucoup de chemin à parcourir tant il est nécessaire que tous les acteurs s’impliquent autour d’un projet de réconciliation nationale.

Deuxièmement, Ladsous affirme que le maintien de la paix a besoin, plus que par le passé, de meilleurs moyens et d’outils modernes. Désormais, les Nations unies doivent s’assurer que leurs opérations disposent de ressources nécessaires, pour une meilleure connaissance  des terrains d’interventions. C’est ainsi que les opérations seront des succès. Ce cas de figure incarne une nouvelle philosophie des missions de la paix. Et les nouveaux dispositifs utilisés dans l’est de la RDC en est la parfaite illustration. Ces dispositifs offrent aux missions des avantages tactiques, une plus grande mobilité et un nouveau pouvoir de dissuasion.

Loin de faire l’unanimité, ces nouvelles approches suscitent l’inquiétude de certains qui estiment que ces opérations de la paix se transforment progressivement en machine de guerre. On a encore en mémoire l’usage de la force par les casques bleus en RDC, qui, à mon sens contrarie délibérément avec leur passivité, voire leurs connivences avec les groupes armés au Mali. Certes, les changements intervenus dans la nature des conflits imposent des changements d’approches et d’outils au maintien de la paix. Cependant, il est indispensable de cerner les contours des conflits. Car les contextes dans ces zones d’intervention sont de plus en plus à haut risque ou la paix et la stabilité sont plus difficiles à atteindre. Pour le cas particulier du Mali, au moment même ou les forces de la Minusma sont victimes d’attentats-suicides perpétrés par des djihadistes, l’opinion publique malienne semble avec le recul comprendre la mission de ces hommes se sacrifiant pour la stabilité du Mali. Cependant ce qu’elle exige de ces forces c’est de prendre totalement parti pour l’unité et l’intégrité nationale du Mali. Surtout d’arrêter de privilégier certains groupes armés comme le MNLA, qui passe pour être complice de groupes djihadistes qui occupaient le nord du pays. Au vu de certains évènements survenus dans cette région du Mali, notamment, la visite houleuse de l’actuel Premier ministre à Kidal, les Maliens ont crié au complot international pour la sécession de Kidal avec la bénédiction de la communauté internationale.

Face à cette controverse de l’opinion publique malienne et de bien d’autres à travers le monde, les Nations unies réaffirment leur attachement aux principes fondamentaux des missions de la paix : Impartialité, consentement des parties –qui sont au cœur du maintien de la paix depuis ses débuts. L’usage de la force n’est possible qu’en cas de contrainte à l’auto-défense et à défendre le mandat du Conseil de sécurité.

Au Mali on est dubitatif face à l’efficacité de la Minusma à répondre à la crise malienne. Qu’en est-il de vos opinions vis-à-vis des opérations de maintien de la paix à travers le monde ? Quand, au même moment, on aura compris, qu’au vu de l’actualité internationale, l’ONU semble bien loin d’atteindre ses objectifs de paix, de respect des droits de l’homme, etc. De fait, les contestations fusent de toutes parts. Elle est souvent jugée absente, voire parfois inefficace et sa légitimité est de plus en plus remise en question. Ainsi, elle peine de plus en plus à faire respecter ses décisions. Plus simplement : l’ONU est en crise. Or, cette complexification du monde, ces conflits montrent que la coopération entre Etats est plus que nécessaire aujourd’hui.

Pourquoi l’ONU est-elle en crise ? Comment peut-elle garder sa légitimité et continuer à remplir sa mission pour répondre aux défis du XXIe siècle ? Bref se débarrasser de cette étiquette de « machin » qui lui colle depuis sa création.

Je vous invite à en débattre ici avec moi !

Au Mali, la crise sécuritaire perdure et fait plomber le secteur touristique

Source : Wikipedia

Source : Wikipedia

Redorer le blason du tourisme malien relèverait d’un miracle tant la crise qu’a connu le pays fut profond et d’une ampleur sans précédent. En quatre ans, tous les espoirs d’un Mali touristique se sont effondrés  Mais quelques années plutôt, le tourisme malien avait connu un essor spectaculaire. Le produit Mali se vendait bien et la destination était prisée de touristes occidentaux épris d’exotisme.  Pour rappel, déjà en 2006 L’éditeur Lonely Planets, cité dans « Le globe-veilleur »-le bulletin électronique du réseau de veille en tourisme, positionnait d’ailleurs le Mali au 2ème rang des destinations en croissance, après la Chine et devant le Brésil, l’Islande et la Serbie-Monténégro.

Rébellion Touareg associée au narcotrafic et terrorisme ont plongée toute une contrée qui vivait quasi-exclusivement du tourisme. La crise a largement débordé du Nord pour s’étendre dans la région de Mopti, qui constitue par ailleurs la principale destination touristique au Mali. Ainsi les évènements au Nord du Mali ont eu des conséquences énormes sur le secteur. Les touristes internationaux  qui visitaient notre pays commençaient à fidéliser la destination Mali. Et pendant chaque saison touristique, ils  fréquentaient en masse les sites et participaient aux différentes manifestations touristiques et culturelles. Des festivals comme celui au Désert ou encore celui sur le Niger sont devenus des festivals de références internationales. Mais depuis 2009-2010, les chancelleries occidentales ont déconseillé à leurs ressortissants de se rendre au Mali, réduisant fortement la fréquentation  de nos sites et manifestations. De 250 000 visiteurs en moyenne par an, ils n’étaient plus que 120 000 en 2009, soit une réduction de plus de 50% du taux de fréquentation. Aujourd’hui, à part les inconditionnels, on dénombre moins de 50 000 visiteurs par an. Depuis deux ans plus aucun vols charters sur Mopti et Gao ; les opérateurs touristiques en difficultés financières due notamment à des annulations de réservations dans les hôtels, la réduction des dépenses liées à la visite des sites (guidage, location véhicules, restauration, artisanat etc.). Plusieurs entreprises (agences de voyages, tours opérateurs etc.) agonisent et ont du mal à payer leur personnel. Les investissements touristiques ont fortement baissé ; de nombreux projets touristiques surtout hôtelier sont à l’arrêt ; sans oublier le désespoir de prestataires informels. Cette situation dramatique que connait le secteur touristique s’illustre parfaitement le marasme du pays dogon, principale destination touristique.

Le « Pays Dogon », abandonné par les touristes, agonise !

Inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO  sous le nom « Falaise de Bandiagara », le pays dogon, fort de son potentiel culturel riche et varié, est sans doute une destination touristique phare de l’      Afrique de l’Ouest. Mais depuis fin 2009, cette zone est classé orange ou rouge par les grands pays émetteurs de touristes au Mali. Il s’agit des pays comme la France, Les Etats Unis, L’Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas, l’Italie, la Suède, la Norvège etc. Cette alerte interdit aux ressortissants de ces pays de visiter notre pays pour cause d’insécurité. Ainsi, on assiste depuis un peu plus de 3 ans à une rapide décroissance et même à l’arrêt du flot de visiteurs sur les sites majeurs du pays dogon. Et toute la région de Mopti s’en trouve affecté, car les retombées économiques de cette activité pour la région étaient estimées à près de 6 milliards de Franc CFA. On l’aura compris que cette crise sécuritaire au Mali aura fait payer à toute une région un lourd tribut : Les ressources des collectivités ont considérablement baissé ; la baisse du pouvoir d’achat ; le manque d’entretien du patrimoine architectural, culturel et touristique. Sans oublier que cette crise touristique a fini par jeter dans la précarité une bonne partie de la jeunesse, désormais désœuvrée. Beaucoup de guides ont immigrés à Bamako. Ne sachant plus à quel saint se vouer, ils sont devenus pour les uns voleurs et pour les autres toxicomanes et alcooliques.

La profondeur et la gravité de cette crise n’a d’égal que l’urgence d’en sortir.

Plus d’une fois, les opérateurs publics et privés ont pensé, imaginé, envisagé des voies et moyens pour relancer le tourisme malien. Mais hélas sans succès ! C’est pourquoi aujourd’hui, avec une relative amélioration de la situation sécuritaire, les nouvelles autorités se doivent de convaincre les pays occidentaux de lever l’interdiction de visite qui frappe le pays Dogon.  Les autorités, de l’avis de nombreux acteurs locaux du tourisme, doivent renforcer le dispositif sécuritaire afin que la région redevienne « une zone verte ».

Face à l’urgence de la situation, les acteurs du tourisme, loin de se résigner, rêvent de lendemains meilleurs pour le secteur.

Pour ma part, je pense que les autorités doivent tout mettre en œuvre pour la reprise des activités touristiques qui représentent une véritable industrie.