Je suis une malienne, je suis sexy dans les pagnes

Crédit photo, Michel

Crédit photo, Michel

 

Je ne sais pas ce qui me prend de vous parler de cette histoire de Maliennes avec pagnes, mais je vous assure qu’il y a de quoi à s’y pencher tant les femmes maliennes usent et abusent de leurs pagnes comme principale arme de séduction. Ça n’est sûrement pas les Guinéennes, Sénégalaises, Nigériennes, Ivoiriennes et autres Togolaises qui me diront le contraire.

Malgré une forte influence de la mode occidentale, une mode très présente chez les jeunes Bamakoises, le pagne reste le mode d’habillement le plus prisé des Maliennes. Il faut tout de suite savoir qu’au Mali l’usage des pagnes remonte à des temps immémoriaux. On en trouve une gamme bien fournie auprès des Bamakoises.

Les pagnes et leur diversité au Mali

De très nombreuses sortes de pagnes coexistent au Mali. A base de cotonnade, pour la plupart, on distingue des pagnes tissés qui présentent une grande diversité chez presque toutes les ethnies du Mali. Par exemple on parle de Koba chez les Bamanan, des pagnes de tissu Wax et dérivés, des pagnes de bazin ; sans oublier les pagnes courts et affriolants réservés à l’intimité, ici on les appelle les « pénéloue » (petit pagne similaire au jupon). Généralement, le pagne traditionnel est une pièce de tissu d’environ 1 m de large et 8,5 m de long. Malgré l’apparition de plusieurs modèles, c’est toujours le modèle traditionnel que portent les femmes maliennes. Plié en deux dans le sens de la longueur et enroulé autour des hanches, c’est ce pagne que les Maliennes  portent lors des occupations quotidiennes. Pour les plus modernes, on retrouve une compilation de coupe dans leur garde-robe qui va de pagnes aux sur jupes en passant par les corsages. Si aujourd’hui, j’ose aborder la place des pagnes dans la séduction c’est parce qu’incontestablement ils fonts des ravages au Mali.

Le pagne, moyen traditionnel de séduction qui perdure au Mali

Une femme, pour mettre en valeur sa morphologie, pour montrer l’ampleur de ses popotins, tout simplement pour plaire, use et abuse de pagnes. Incontestablement les femmes maliennes font craquer avec leur pagne enroulé autour de leurs hanches. A croire que pour les Maliennes plus besoin de se munir de lingerie de séduction. Car il leur suffit de savoir porter le pagne pour assurer. Et à ce jeu elles se montrent très perspicaces, surtout pour les plus jeunes (les demoiselles quoi !), qui n’hésitent pas à se mettre dans des combinaisons très sexy associant un body et un pagne qui laisse apparaître la largesse de leurs popotins et toute la douceur de leur peau. Surtout que certains types de tissus (singulièrement les bazins) nous font souvent assister à un remuement spectaculaire des fesses, qui ne laisse personne indifférent. Des filles, habillées ainsi, provoquent très souvent de nombreux accidents sur les artères bamakoises ; des usagers mâles ne pouvant s’empêcher de les mater du regard. Ainsi donc à Bamako, les filles ont plus intérêt à porter des pagnes si elles veulent être admirées. Car la plupart des Bamakois résistent difficilement face à des filles en pagne-body qu’à des filles en pantalon-body. Pour dire tout simplement qu’ici le pagne reste et demeure le moyen sur de séduction pour les femmes.

Mali : l’homme de la situation IBK face aux nombreux défis du pays

Crédit photo, Wikipedia

Crédit photo, Wikipedia

 

Investiture selon IBK !

J’ai eu très envie de passer sous silence cette histoire d’investiture, mais hélas je n’ai pu m’en empêcher. Essentiellement pour deux raisons : d’abord, je l’ai trouvé inutile en ce temps de convalescence pour un pays qui sort de deux années de crises profondes, puis par rapport à l’urgence de faire face aux nombreux défis qui l’attendent. Vue sous cet angle, l’investiture d’IBK en deux actes apparaît totalement inutile, c’est-à-dire vaine et dépourvue d’intérêt. Sans oublier que l’argent qui a servi à l’organisation de cet évènement aurait servi utilement ailleurs, surtout dans un pays qui cicatrise encore ces plaies. On aurait pu limiter les choses à l’investiture officielle du 04 septembre 2013 au centre international des conférences de Bamako, IBK n’en serait que davantage crédible.

La fierté du peuple malien à accueillir les amis du Mali

Qu’à cela ne tienne, cette cérémonie d’investiture, bien que décriée, aura véritablement marqué le retour du Mali dans le concert des Nations après dix-huit mois de crise politico-sécuritaire d’une ampleur sans précédent. Oui, les Maliens, en ce jour 19 septembre 2013, furent saisis d’une forte émotion doublée d’une fierté reluisante perceptible sur les visages. C’est évident que le peuple malien a été fier d’accueillir en terre africaine du Mali autant d’hôtes prestigieux pour  non seulement célébrer le Mali, mais aussi, et surtout l’encourager à remonter la pente. Ce jeudi 19 septembre, il a soufflé comme un vent de renouveau et d’espoir au Mali, en témoignent ces discours de félicitations pour la bonne organisation de l’élection présidentielle et d’encouragements pour la réconciliation des Maliens. Les quatre intervenants plus le président IBK n’ont pas manqué de nourrir l’espoir d’un Mali ou le pari de la réconciliation nationale et du développement est irrévocable. Ainsi, pour pouvoir faire face à ces nombreux défis le Mali s’est doté d’un homme à poigne, un véritable homme d’Etat. IBK, véritablement l’homme de la situation a martelé le président Alassane Dramane Ouattara, président de la Côte d’Ivoire et président en exercice de la Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao). Surnommé au Mali « Kankeletigui », en bamanankan, l’homme qui n’a qu’une seule parole et fort de caractère et est animé d’un véritable sens de l’Etat. Pour s’en apercevoir suivez mon regard à travers cette rétrospective de son parcours politique :

Ibrahim Boubacar Keïta, affectueusement appelé IBK, est un homme d’Etat malien né à Koutiala le 29 janvier 1945. Député de Bamako depuis 2002, il a été Premier ministre entre 1994 et 2000, et président de l’Assemblée nationale de 2002 à 2007.

Le 11 août 2013, Ibrahim Boubacar Keïta est élu président de la République au second tour de l’élection avec 77,62 % des voix.

Ibrahim Boubacar Keïta est marié et père de 4 enfants.

• Parcours académique et expérience professionnelle

Ancien élève du prestigieux lycée parisien Janson de Sailly, Ibrahim Boubacar Keïta a obtenu son baccalauréat au lycée Terrasson de Fougères de Bamako en 1965, puis a poursuivi son cursus à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar et à la Sorbonne, où il a obtenu une maîtrise d’histoire, un diplôme d’études approfondies (DEA) en sciences politiques et un autre en histoire des relations internationales contemporaines (IHRIC).

Après ses études, il a été chargé de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et a enseigné les systèmes politiques du Tiers-Monde à l’université de Paris Tolbiac.

De retour au Mali en 1986, IBK s’est impliqué dans le développement économique et social de son pays en tant que conseiller technique principal de l’Union européenne pour le Fonds européen de développement (FED), puis au sein de l’ONG Terre des hommes France, dont il a été le directeur pour le Mali, le Niger et le Burkina Faso.

• Parcours politique et gestion de l’Etat

Déjà militant au sein de l’Association des étudiants et stagiaires maliens en France (AESMF), membre de la Fédération des « étudiants d’Afrique noire en France (FEANF), Ibrahim Boubacar Keïta participe également à la création en 1969 du Comité de défense des libertés démocratiques au Mali (CDLDM), dont il devient le secrétaire général deux ans plus tard.

Dès 1986, IBK participe dans la clandestinité au mouvement démocratique malien à l’origine de la révolution de 1991, qui met fin à 23 ans de dictature. Il est membre fondateur de l’Alliance pour la démocratie au Mali (Adéma, parti à l’origine de l’émancipation démocratique, et dont il sera le président de 1994 à 2000. Pendant la première campagne électorale libre et transparente, Ibrahim Boubacar Keïta contribue activement, en tant que directeur adjoint de campagne, à l’élection triomphale d’Alpha Oumar Konaré en avril 1992, sous les couleurs de l’Adéma.

IBK est alors nommé successivement porte-parole et conseiller diplomatique du président Konaré, puis en novembre 1992 ambassadeur en Côte d’Ivoire, au Niger, au Burkina Faso et au Gabon, avec résidence à Abidjan, ministre des Affaires étrangères en novembre 1993, et Premier ministre de février 1994 à 2000.

On peut retenir de son action de chef du gouvernement la résolution de la crise scolaire mettant fin aux grèves, l’apaisement des tensions sociales, la signature d’accords de paix avec la rébellion touarègue du nord du pays en 1996, ou la mise en œuvre de la loi de décentralisation. Il a également conduit les mesures économiques qui ont permis d’atténuer l’impact de la dévaluation du franc Cfa intervenue quelques semaines après sa nomination. Son style de gouvernement est marqué par le respect scrupuleux de l’autorité de l’Etat et de l’Etat de droit.

• La longue marche vers le pouvoir

A la suite de désaccords au sein de son parti, IBK quitte l’Adéma en 2000 et fonde le Rassemblement pour le Mali (RPM) en juin 2001, suivi par une bonne frange des militants. Son nouveau parti en tant que membre de l’Internationale socialiste partage les valeurs de la social-démocratie, le choisit comme son candidat à l’élection présidentielle d’avril 2002. Ibrahim Boubacar Keïta arrive 3e avec 20,65 % des suffrages. Son sens de la responsabilité le pousse, malgré de nombreuses irrégularités,  à accepter le verdict de la Cour Constitutionnelle, contre l’avis  de ses partisans. A travers cet acte, IBK a prouvé à son peuple et à la communauté internationale son grand sens de l’Etat en évitant à son pays des troubles postélectoraux.

Au second tour, il apporte son soutien à Amadou Toumani Touré (ATT), qui est élu face  au candidat de l’Adéma, Soumaïla Cissé. Quelques semaines plus tard, le RPM arrive en tête des élections législatives, et IBK, élu député à Bamako, se voit logiquement élu président de l’Assemblée nationale, le 16 septembre 2002. Pendant son mandat de 5 ans, il a contribué, dans un cadre consensuel, à dynamiser cette jeune institution et a permis de faire voter des textes importants tels que la loi d’orientation agricole, la réforme du code minier. Cela dit, il s’est opposé au régime d’ATT à partir de 2005, avec comme point d’orgue les accords d’Alger (juillet 2006). Ces derniers prévoyaient notamment la démilitarisation du Nord, qui est à l’origine de la grave crise intervenue en 2012.

Logiquement, IBK fut à nouveau candidat à la présidentielle en 2007 pour proposer un projet alternatif à celui qui était en œuvre depuis 2002. Il fut le seul représentant d’un grand parti, car tous les autres avaient choisi d’apporter leur soutien au président de la République ATT. Face à la machine de l’Etat, IBK a réalisé un score honorable de 19 %. Conservant son siège de député lors des législatives de juillet 2007, il devient un opposant constructif et respectueux des institutions, jusqu’à apporter son soutien au gouvernement sur les grandes causes nationales : éducation, lutte contre le terrorisme…

Compte tenu du délabrement de l’autorité de l’Etat et de l’accentuation de la menace terroriste dans le nord du pays, de nombreuses voix ont appelé à partir d’octobre 2011 le président du RPM à se porter à nouveau candidat à l’élection présidentielle de 2012. Il a été investi le 14 janvier 2012 par la coalition IBK Mali 2012, composée de 18 partis et d’environ une centaine d’associations de la société civile. Malheureusement, le coup d’Etat du 22 mars 2012 a mis un coup d’arrêt à la campagne électorale dont le président du RPM était l’un des favoris.

Le 23 mars 2012, IBK a été le premier homme politique à condamner avec vigueur et détermination le coup d’Etat. Ces événements ont précipité la perte des 2/3 du territoire malien, au profit de groupes armés djihadistes et indépendantistes, validant les thèses d’IBK sur la déliquescence de l’Etat et le refus des accords d’Alger (2006).

D’abord membre du Front pour la démocratie et la République (FDR), la coalition IBK 2012 en est sortie en mai 2012, en désaccord avec la gestion de la crise malienne, jugée contraire au respect de la souveraineté du Mali. IBK a donc choisi de mener le combat pour la démocratie en toute autonomie, au sein de son regroupement, et en lien avec les autres regroupements démocratiques, pendant toute la durée de la transition.

•Une élection triomphale

Le 28 juillet 2013, Ibrahim Boubacar Keïta, soutenu par une coalition de 35 partis, arrive en tête du 1er tour de l’élection présidentielle avec 39,7 % des voix, devant Soumaïla Cissé, président de l’Union pour la République et la démocratie (URD). Dans l’entre-deux-tours,  20 des 27 candidats en lice au premier tour lui apportent leur soutien. Le 11 août, c’est un plébiscite que lui accordent les Maliens, IBK est élu avec 77,62 % des voix.

Ibrahim Boubacar Keïta est Grand Officier de l’Ordre national du Mali et Commandeur de la Légion d’honneur. Il a été vice-président de l’Internationale socialiste, et a également présidé l’Union des parlementaires africains.

Source : Maliactu.net

C’est donc désormais entre les mains d’un homme politique chevronné qu’est placée la destinée du « Maliba », le grand Mali.

La sobre célébration des cérémonies du 22 septembre 2013, fête nationale du Mali, en dit long sur la ligne directive du président IBK. Depuis son élection, il n’a eu de cesse marteler que plus rien ne sera comme avant. Et l’on comprend que sa volonté de changement n’a d’égale que sa détermination. IBK nourrit l’espoir d’un Mali confiant en son avenir, débarrassé de tous les maux qui l’ont plongé dans cette crise. Oui il a pour objectif, selon son entourage, de répondre à l’ardente nécessité de rechercher les voies et moyens  qui consacrent une gestion efficace, efficiente et saine des affaires de l’Etat. Si aujourd’hui le pays a retrouvé le chemin de la démocratie à travers l’organisation réussie d’élections transparentes et apaisées, d’importants défis restent à être relevés, en particulier la réconciliation nationale, la sécurité du pays, des citoyens et de leurs biens, la lutte contre la corruption et l’impunité, la restauration de l’autorité de l’Etat qui avait pris un sérieux coup. Ainsi avec le « Kankelentigi », désormais l’espoir est permis. L’ensemble des Maliens dans un esprit d’unité doit mettre en exergue notre volonté commune à changer et à faire bouger le Mali.