Et j’en termine avec l’année 2012 en pensant la violence

Scène de lapidation au Nord Mali

Scène de lapidation au Nord Mali

 

La plate forme photo visuelle de France 24 (chaine d’information générale française) présente une série d’images sur la réalité du monde aujourd’hui. Un monde caractérisé principalement par la violence et la recrudescence de la haine ethnico-religieuse. Pour celles et ceux qui me feront l’honneur de me lire, je leur prie de m’excuser pour être trop souvent sérieux et n’aborder que des sujets difficiles dans mes billets. Je voudrai juste leur rappeler que là ou abonde le malheur, là aussi surabonde le bonheur. Je promettrais d’être plus ludique pour la nouvelle année qui s’annonce. Mais d’ici là, revenons au thème que m’a motivé à la rédaction de ce billet. Par un matin de février 2005, à mes heures d’écoute matinale de RFI (Radio France Internationale), comme par un hasard des plus banales je me suis mis à méditer sur la violence par cette réflexion : penser la violence, c’est penser  tout simplement l’homme. Au bout de ma réflexion, je m’interrogeais en ces termes : l’homme est il le générateur du mal ou l’hérite t-il ? En réponse à cette question, j’affirme ici que l’homme est à la fois acteur et victime de la violence. Pour me comprendre, suivez mon regard ! L’immensité du sujet aurait pu me dissuader d’en parler, mais la nécessité de comprendre m’a hurlé d’en faire cas. J’aurais bien aimé confirmer ce titre d’une émission de mode diffusée sur TV5 Monde Afrique intitulée, l’Afrique, terre des tendances. Mais hélas je retiens, pour ma part, cet autre titre pour parler d’Afrique : l’Afrique, terre de violence. Pour me comprendre, remontez avec moi le fil de l’histoire contemporaine de l’Afrique. On n’y retrouve la sempiternelle question de la violence qui, sans cesse, a traversé le continent d’Est en Ouest et du Sud au Nord.

Ah le Mali ! J’y reviens encore à ce pays en crise ; désolé de vous importuner avec les histoires tragiques de mon Mali d’amour. Mais comprenez-moi, car ce qui s’y passe présente tous les stigmates ostensibles de la violence. Je pense surtout à la violence et à l’insécurité des temps actuels. Elles se manifestent de manière emblématique au Nord Mali, comme ce fut  et continue d’être le cas au Proche Orient, en Haïti, en Afghanistan etc. Au Mali, c’est un peu la réplique du cas afghan illustré par la recrudescence du fondamentalisme  religieux s’imposant aux populations. Ailleurs dans le monde, en plus du succès des fondamentalistes religieux, ce sont des passions ethniques et des pratiques racistes qui font reconnaître la faillite de la raison dans la constitution d’un monde commun. Ainsi, on se réfugie dans l’imaginaire de la pureté des origines de sa religion, de sa « race » ou de sa « tribu » ou encore de sa « nation » comme source d’une sécurité ontologique, comme lieu d’invulnérabilité, sans se douter qu’ainsi on laisse se perpétuer dans son dos le cycle de la violence dixit Laennec HURBON, Université de Quisqueya (Port au Prince, Haïti).

Par rapport au cas spécifique malien, rapportez-vous aux dépêches des médias, en provenance du Nord et vous comprendrez pourquoi ? La violence y règne sans égard témoigne des scènes de viols, de perversions qui s’y perpétuent. Entre le chaos et l’entropie, les guerres et les révolutions, les antithèses et les polémiques, c’est le cours de la nature, celui des choses humaines comme le mouvement de la pensée qui paraissent difficilement compréhensibles dans leurs rythmes fondamentaux ; surtout quand on y intègre le rôle de la violence. Nos esprits auront beau se rebeller, ne concéder à la limite qu’aux époques antérieurs  ce qu’ils trouvent inconcevables pour notre temps. Malgré tout, les médias avec leur dépêche, jours après jours, confirment la parole antique faisant du combat le « père et roi suprême de toutes choses[i] ».

La violence, à mon avis, règne et continuera de régner dans le monde, plus particulièrement en Afrique. Chez moi au Mali, avec la crise au Nord, la violence a atteint son paroxysme en cette année 2012.  Ce vécu a traversé les pages des médias nationaux et internationaux, et pour cause. Comment pourrait t-il en être autrement ? Pour ma part, je revendique ni plus ni moins l’accès à la dignité humaine. Ailleurs, prés de chez moi et même chez moi, nous côtoyons de réel faits de violences de tous ordres, de catastrophes humanitaires et de génocides. D’autres peuples martyrs comme ceux de la Syrie, de la Palestine, du Liban, de l’Egypte, de RDC… continuent de subir la violence à cause de cyniques dirigeants, triste adeptes de la violence qu’ils emploient dans toute ces formes.

Pour en terminer avec mon propos, je présume qu’il soit générateur ou héritier, l’homme est inéluctablement au cœur de la problématique de la violence. Ainsi, il ne nous reste plus qu’a espérer que pour l’année 2013 et au delà, nous allons faire chacun un petit effort pour assumer nos égarements sur cette terre confuse et d’être responsable chacun à part entière.

Vivement 2013 en pensant cette fois la joie, la paix, bref le bonheur.

Joyeux noël et meilleurs vœux pour 2013….


[i] Héraclite

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Le mali aujourd’hui, entre islamisme adapté et islamisme radical

Si l’islam au Mali m’était conté

Tombouctou, ville légendaire qui, fut, voici quelque sept cents ans, l’une des métropoles culturelles de l’islam, devait accueillir au cours des années quatre vingt les événements célébrants pour les musulmans du monde entier le début du XVe siècle de l’Hégire (ère musulmane commençant en l’an 622 de l’ère chrétienne). Par cette volonté, la Houma islamique voulait non seulement rendre hommage à la cité des 333 Saints, mais aussi et surtout au Mali dont l’histoire a déterminé depuis le VIIIe siècle de l’ère chrétienne l’islamisation de l’Afrique.

Aussi, les grands noms de l’histoire malienne n’appartiennent t-ils pas à l’histoire de l’Afrique musulmane. Pour en saisir la teneur, nous allons suivre le fil de l’histoire malienne à travers quelques dates importantes.

Sankoré mosquée, 2011 par Leslie Lewis

Sankoré mosquée, 2011 par Leslie Lewis

En 1076, les Almoravides (Dynastie berbère maure originaire de l’Adrar qui nomadisait entre l’actuel Sénégal et le sud du Maroc), au non de l’islam, détruisirent l’Empire du Ghana (Entre 3000 environ et 1240, cet empire fut le premier grand empire de la période impériale ouest-africaine. Il s’étendait du moyen Sénégal à la région de l’actuel Tombouctou englobant une partie des actuels Sénégal, Mali et Mauritanie).

En 1335, l’empereur du Mali « Massa » Kankan Moussa s’est fait connaitre par un pèlerinage fastueux à la Mecque. Sur son parcours, il était accompagné de soixante mille porteurs dont cinq cents esclaves portant chacun un bâton d’or pesant deux kilos et demi. Il éblouit  Le Caire en offrant au sultan cinquante mille dinars ; et La Mecque en distribuant  vingt mille pièces d’or aux pauvres.

Plus près de nous au XIXe siècle, l’islam fut le principal acteur dans la création et dislocation  des derniers royaumes du mali contemporain. Les exemples les plus frappants sont le cas de l’Etat théocratique des peulhs du Macina et l’Empire musulman dont rêvait d’installer El Hadji Oumar en proclamant le Djihad contre les infidèles et les incroyants. Du reste, c’est lui qui est le père de la confrérie des « Tidjiani » d’Afrique de l’Ouest et, encore de nos jours, les fidèles viennent de partout pour le pèlerinage de Deguembere, près de Bandiagara, ou l’avenir l’émir de tous les croyants disparaît mystérieusement en 1864.

Le Mali a gardé les empreintes de cette longue et riche tradition musulmane. Rares sont les villes et villages qui n’aient une mosquée. Dans la savane sahélienne, il s’agit d’une modeste construction en banco juste décorée d’un œuf d’autruche perché en haut de son tour. D’autres édifices plus imposants, comme la mosquée de Djenné avec son majestueux édifice, chef d’œuvre de l’architecture soudanienne, chanté par tous les chroniqueurs  arabes du Moyen Age, avant d’éblouir les voyageurs du XVIIIe siècle. Partout au Mali ou quasiment, les marabouts continuent d’enseigner à leur talibé (Jeune disciple faisant à l’occasion office de serviteur) les préceptes et les versets du Coran.

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Mosquée Sankoré à Tombouctou

Mais que garde le Mali de cette longue et riche tradition musulmane ?

Il y aurait un véritable travail de Dieu selon Sennen Andriamirado (Le Mali Aujourd’hui 3ème édition,  Jaguar 1996). Un travail de Dieu pour la simple raison que curieusement au Mali  il n’existe pas de confréries religieuses rigoristes comme c’est le cas ailleurs. Mis à part une infirme minorité de wahhabite, les musulmans maliens (un peu plus de 80% de la population) sont forts loin d’être intégristes. Bien sur que l’on continue à apprendre par cœur le Coran, naturellement que l’on s’initie toujours à la philosophie et à la morale religieuse. C’est encore vrai que dès l’âge de sept ans, les talibé font toujours, par la mendicité, l’apprentissage de la vie voyageant de ville en ville à la découverte du monde. Mais le Mali est très éloignée du prosélytisme d’antan et d’aujourd’hui. Car l’islam malien est fortement teinté de l’animisme de toujours. Une bonne composante du  groupe mandingue, surtout les bamanan, continue de pratiquer leur religion ancestrale à laquelle ils ont, en quelque sorte, adapté l’islam. Ici, c’est donc le règne d’un islam adapté et modéré ou le Dieu est toujours Maa, qui est tout au plus devenu Maa N’Gallah chez les musulmans maliens. Il faut comprendre que le monothéisme des civilisations locales (surtout des groupes ethniques) présentes au Mali y a facilité l’acclimatation de l’islam. Créateur et maitre de l’univers, Dieu est unique pour tous les maliens : il s’appelle Irkè chez les Songhaïs (qui représentent 60% de la population du Nord), pour qui il est inaccessible autrement que par l’intermédiaire des esprits et des divinités secondaires ; il est Koulouikerè pour le senoufo ou Klè pour le Minianka, ici on pense qu’il se repose après avoir créé l’univers : « il a fini son travail et se repose » laissant agir les esprits et les génies ; chez les Dogons, il est Amma ou Ammo, et il gère le monde par la complémentarité et l’antagonisme permanent du fluide male et du fluide femelle qui émanent de lui. C’est donc autant de vision du Dieu Unique qu’à rencontré l’islam ici. Ainsi l’islam, présente au Mali depuis le 10è siècle, cohabite parfaitement avec les croyances locales. C’est donc un islam compatible avec les croyances locales qui y prévaut : celui qui associe au culte des esprits et génies Allah. Au dessus de l’être suprême et absolu (Dieu) règnent les divinités secondaires, les esprits et les génies qui protègent ou sanctionnent les hommes. Dans certaines régions, l’animisme est même total ; el la pratique oscille autour de l’être : tout être animal, végétal, minéral est doté d’une âme. Car l’univers est formé de deux mondes parallèles mais étroitement imbriqués dans le quotidien : le visible et l’invisible. Dans la plupart des régions maliennes des cérémonies rituelles se déroulent encore, elles correspondent, très couramment, à des époques précises qui coïncident soit avec le début d’une activité économique collective (labour, pèche), ou à l’occasion de certaines circonstances exceptionnelles (Sécheresse ou départ en voyage). Les esprits sont sollicités  pour obtenir leur protection ou pour éloigner les maléfices, consacrés régulièrement par les fétiches collectifs et les gris-gris individuels et familiaux.

La présence, plusieurs fois millénaire, de l’islam n’a donc pas réussi à tuer l’animisme au Mali. Bien au contraire, les croyances locales et l’islam ont trouvé un compromis pour cheminer ensemble. C’est ainsi que nous remarquons que même chez les touaregs, réputés plus pieux, on ne sépare jamais de son porte-fétiche. De la même manière, certains sites, censés être sacrés aux yeux de tout musulman, n’en font pas moins l’objet de rites animistes. C’est le cas par exemple de la Case sacrée et secrète de Kangaba qui recélerait des objets saint rapportés de La Mecque. Cependant, autour d’elle se rassemble, tous les sept ans, les griots du Mandé venus pour la nettoyer ; au jour dit, après les incantations magiques, le toit de la Case, affirme t- on, se soulève tout seul pour se déposer sur le sol et se laisser nettoyer suivant des rites qui n’ont rien de commun avec la liturgie coranique.

Réfection septennale du toit du Kamabulon, Case sacrée de Kangaba

Réfection septennale du toit du Kamabulon, Case sacrée de Kangaba

En somme, c’est ce mélange harmonieux entre l’islamisme et l’animisme qui a engendré un syncrétisme de fait qui a toujours caractérisé les maliens. Ainsi à Gao, les songhaï, largement islamisés depuis plus de mille ans, redécouvrent le « Holé » : il s’agit de divinités secondaires de la cosmogonie traditionnelle qui assurent la liaison quotidienne entre les hommes et Dieu. Plusieurs autres sociétés secrètes existent encore au Mali, particulièrement parmi les bamanan, mais aussi chez les senoufo-minianka et les Bwas etc.

C’est donc dans ce contexte de pratique religieuse modérée que nous découvrons l’islam radical avec la crise au Nord.

Mais qu’en est t-il de cet islam radical et la présence de ses adeptes au Nord Mali ?

Sachons-le d’emblée, cet islam radical n’a rien de commun avec l’islam pratiqué au Mali comme nous venons de l’évoquer précédemment. Mais pour comprendre faisons l’état des lieux en se raccordant avec le fil de l’histoire. Déjà, à la fin du XIXe siècle, El Hadj Oumar avait tenté d’installer le djihad dans les royaumes issus de célèbres empires qui se sont succédé sur le territoire de l’actuel Mali depuis le Xe siècle. Mais son projet était voué à l’échec devant la grosse détermination des populations de cette époque à conserver leur liberté de croyances.

Aujourd’hui, l’islam radical a envahit le Nord-Mali depuis que les militaires ont renversé le président Amadou Toumani Touré le 22 Mars 2012. Ainsi, entre Coup d’Etat, tentative de sécession et invasion islamisme, le mali est au cœur de l’actualité internationale. Mais avant d’aller loin dans nos propos, prenons le temps de comprendre l’islam radical. L’islam radical ou l’islamisme est un courant de pensée musulman, essentiellement politique, apparu au XXe siècle. Depuis sa réapparition dans la langue française, le mot a beaucoup évolué. Il peut s’agir, par exemple, du « choix conscient de la doctrine musulmane comme guide pour l’action politique » [ – dans une acception que ne récusent pas certains islamistes – , ou encore, selon d’autres, une « idéologie manipulant l’islam en vue d’un projet politique : transformer le système politique et social d’un État en faisant de la Charia, dont l’interprétation univoque est imposée à l’ensemble de la société, l’unique source du droit »[]. C’est ainsi un terme d’usage controversé.

Pour faire court, nous allons reprendre volontiers ce qu’en pense l’islamologue Bruno Etienne, il dit en substance ceux-ci : l’acception actuelle du mot, qu’il est également possible d’appeler « islamisme radical », peut se résumer comme l’« utilisation politique de thèmes musulmans mobilisés en réaction à l’ « occidentalisation» considérée comme agressive à l’égard de l’identité arabo-musulmane », cette réaction étant « perçue comme une protestation antimoderne » par ceux qui ne suivent pas cette idéologie. Et c’est à peu près ce que prônent les envahisseurs au  Mali, je m’explique :

Mis à part les conséquences du conflit libyen, les évènements du 22 Mars dernier ont précité la chute des trois régions du Nord Mali. Elles sont tombées entre les mains de trois groupes islamistes (AQMI, MUJAO et Ansar Eddine). Depuis, leur installation,  entre destruction du patrimoine mondial et institution de la Charia, ces mouvements font régner la terreur. Pour autant, on ne peut pas parler d’islamisation car cette invasion n’a absolument pas apporté l’islam au Mali comme nous l’avons évoqué plus haut au début de notre billet. En revanche, nous assistons là à une « salafisation » de la zone sous l’impulsion des trois groupes islamistes. En effet, il ya un certain écho à l’égard du « salafisme » et de l’influence politique de l’islam ; mais rien de plus qu’un écho. Par ailleurs, les groupes islamistes prônent l’installation d’un islam rigoureux. Et cela se voit ostensiblement au Nord Mali par le port obligatoire du voile et l’application stricte de la charia.

Mais les maliens du Nord ont-ils été séduits par cette forme rigoriste de l’islam ? Rien n’est moins sur ! Car, malgré la pauvreté, ou un certain écho que reçoivent les islamistes auprès de certains maliens, ils ne sont pas arrivé à avoir l’adhésion de la majorité des maliens. Pour la plupart d’entre eux, ils n’acceptent pas un grand nombre de règles imposées par les islamistes tandis que d’autres y voient le retour espéré à l’ordre.

En définitive et comme par le passé, il n’ya aucune confusion à faire, l’islam radical n’est pas la bienvenue au Mali. Les maliens restent d’excellents musulmans, mais des musulmans modérés. C’est pourquoi à travers ce billet, je somme la communauté internationale d’intervenir au plus vite pour ne pas laisser le temps aux salafistes d’Al Qu’Aïda au Maghreb Islamique (AQMI),  du Mouvement pour l’Unicité et le Djihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO) et Anser Eddine de se faire de la place au Nord-Mali pour en faire un sanctuaire du terrorisme.

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J’ai l’impression que les autorités de la transition au Mali sont sous tutelle !

Le pouvoir de l’ombre exercé par l’ex-junte

 

Plus clairvoyant que tout, le politologue et professeur de géopolitique à l’Ileri, l’Institut des relations internationales à Paris, dit en substance ceux-ci en répondant à la question sur l’ « incontournabilité » du Capitaine Sanogo dans la vie politique : « Certainement, c’est un peu le pouvoir de l’ombre. Il est retiré au camp de Kati à quelque 20 kilomètres de Bamako et il va être renforcé par l’arrivée d’un convoi d’armes qui était bloqué à Conakry. Donc, toute solution militaire et politique passe sûrement par lui ». (Tiré de l’interview réalisé par Caroline Paré le 11 Décembre 2012 sur www.rfi.fr). J’espère que vous convenez avec moi qu’il a vu juste ; et mieux que les derniers évènements, avec cette démission forcée du Premier Ministre Cheick Modibo Diarra, corroborent plus cet état de fait. C’est juste là, la lecture d’un bloggeur qui s’aventure peut être sur un terrain glissant, mais bon peu importe, je suis encore dans un état de droit ou la liberté d’expression reste valable. Renforcé donc par ma liberté d’expression, je voudrais que vous le sachez d’emblée que cette nouvelle ingérence de l’ex junte dans le affaires politiques est grave. Grave pour la simple raison qu’elle fait prévaloir la « tutellisation » des autorités de transition par les putschistes du 22 Mars. La Communauté Internationale qualifie la situation à Bamako de très complexe et ne cache pas sa préoccupation face aux intrusions répétées du Capitaine Sanogo dans la vie politique. Je suis sidéré quand le Capitaine déclare sur l’ORTM (Chaine nationale) que le premier ministre n’écoutait plus personne, et qu’il avait  le pied sur le frein bloquant le pays. Je constate qu’il n’imagine pas un instant que c’est lui-même avec ses camarades putschistes, qui ont freiné le pays depuis le 22 Mars 2012 ;  et qu’ils continuent de le freiner avec leurs agissements permanant sur la scène politique.

Un président par intérim sous tutelle et qui l’accepte

Dioncounda Traoré est bien obligé d’accepter la tutelle de l’ex-junte tant-il souffre de manque de légitimité, en raison notamment de la manière dont il a accédé à la présidence. Il faut dire que malgré le fort soutien du front anti putsch (incarné notamment par le FDR), le président Traoré n’a jamais su imposé son autorité. Ainsi, pour pouvoir occuper ce fauteuil tranquillement, il a préféré la tutelle des putschistes. Cependant, son attitude ne me surprend pas, quand on se rappelle qu’il a été lui-même agressé dans son bureau avec la grande complicité des putschistes. En revanche ce qui me surprend et qui me donne des sueurs froides, c’est bien sa complicité avec ces mêmes putschistes pour éjecter le premier ministre. Je voudrais rappeler à Dioncounda que pactiser avec les putschistes du 22 Mars est contre nature. Qu’après l’avoir presque tué, ils éjectent Cheick Modibo Diarra avec ça complicité, le Capitaine Sanogo et sa suite lui réserve le meilleur pour demain.

Pour terminer mon propos, je voudrai être positive juste un instant : en saluant la nomination de Diango Cissoko à la primature, qui est réputé être un administrateur chevronné. Je réitère mes vœux de plein succès à lui et à son équipe.

Soyer attentifs, car le meilleur ou le pire est à venir !

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Crise au Mali : c’est à n’y comprendre plus rien !

 

Que se passe t’il donc dans le pays de Soundjata KEITA, -grand empereur du tout aussi grand empire du Mali au XIIème ?

Le petit Capitaine a encore frappé, c’est ainsi que commence un article de l’AFP publié sur le site de l’hebdomadaire Jeune Afrique (www.jeuneafrique.com) daté du 11/12/2012. En effet, le Capitaine Amadou Haya SANOGO a fait arrêter, lundi 10 décembre vers 23 heures, à son domicile, le Premier Ministre Cheick Modibo Diarra pourtant issu du putsch :-il avait été nommé le 17 Avril 2012 suite à l’Accord cadre du  06 Avril 2012

C’est à mon réveil ce matin que j’ai appris avec consternation, stupéfaction et indignation la nouvelle de la démission du Premier Ministre sur les ondes de Radio France Internationale (RFI). Et sur le coup, je me suis interrogé en ces termes : que va devenir le Mali ? C’est donc dans cette situation expectative qu’en arrivant à mon service que je constate que mon sentiment d’indignation est partagé par mes collègues. Mes collègues et moi avons la même conviction que l’arrestation suivie de la démission du Premier Ministre plongeait encore un peu plus le pays dans le chaos. Car, le pays peine à se relevé du Coup d’Etat qui a renversé le président Amadou Toumani TOURE (ATT),- qui était au terme de son mandat-, le 22 Mars 2012.

Quelques mois plutôt, ce pays était cité et adulé comme modèle de démocratie. Mais aujourd’hui qu’en est-il ? Il faut dire que le modèle de démocratie est vite plongé dans l’abime. Et il est à se demander si aujourd’hui on devrait être fier ou crier honte au « Maliba » qui se traduit grand mali en Bamanakan. Ou est donc passé le Mali des grands hommes intelligents et sages ? Ce pays dans lequel jadis le linge sale se lavait en famille c’est-à-dire un pays dans lequel on trouvait toujours les grands remèdes aux grands maux autour de l’arbre à palabre.

Aujourd’hui, le Mali de grandes civilisations semblent perdues. La cacophonie au sommet de l’Etat ne fait il pas gronder, dans leur tombe, nos ancêtres bâtisseurs ? Rappelons nous de la Somalie, du Rwanda, de l’Angola, du Darfour, du Liberia, de la Serra Leone, ou même plus proche de nous de la Cote d’Ivoire ou la bêtise humaine a plongé chacun de ses pays dans des conflits endémiques, avec des plaies qui peinent à cicatriser.

Est-ce qu’aujourd’hui, ne sommes nous pas entrain de devenir les véritables ennemies du mali plus que le MNLA, Ansardine, MUJAO, AQMI… .

Cette nouvelle épisode du feuilleton Mali plonge davantage le pays dans l’incertitude au moment la communauté internationale tente de l’aide à sortir de cette impasse historique. Plus que jamais un pouvoir stable est nécessaire à Bamako pour faire face à la crise sans précédent que connait le Mali.

NB : l’ex junte annonce la nomination d’un nouveau Premier Ministre dans les heures qui viennent !!!!!!!!!!!!!!!!!

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La glissade politique du religieux au Mali !

aBamako.com par as
Bamako le 12 aout a 10h. Grand rassemblement organisé par le Haut Conseil Islamique au Stade du 26 mars. El Hadj Mahmoud Dicko, Président du HCI.

Il ya quelques semaines déjà, je m’interrogeais sur le jeu de cache-cache des groupes islamistes armés qui occupent le Nord Mali. Aujourd’hui, je me préoccupe plus de la glissade politique de la plus importante organisation musulmane du Mali, il s’agit bien attendu du Haut Conseil Islamique (HCI).

Il semble que depuis un bon moment les responsables de cette organisation ont pris conscience de leur poids politique, ou du moins de leur influence grandissante auprès d’une majorité de maliens. Comment cela peut-il s’expliquer ?

Je ne vais pas faire de surenchères, encore moins remuer les blessures cicatrisées. Tout de même, je vais retracer le fil de l’histoire pour que l’on puisse comprendre les raisons plus ou moins fondamentales de cette glissade.

Rappelons-nous du 09 Aout 2011, et ce grand meeting organisé par le Haut Conseil Islamique contre le tout nouveau Code de la famille que l’Assemblée National venait entériner par une grande majorité. Ce fut à mon avis, le grand tournant, une espèce de point de non retour, ou l’on à vu les responsables religieux arborer des postures politiques.

Mais auparavant, il est à remarquer qu’en 20 ans de démocratie, les maliens ne se sont jamais appropriés la politique, au contraire elle est restée l’apanage d’une élite qui l’a confisqué pour en faire un bien privé.  Comme le dit le vieux principe : les mêmes causes produisant les mêmes effets, les maliens dans leur majorité s’en sont trouvés exclues, et par conséquent s’en sont lassés. C’est ainsi qu’une large brèche s’est ouverte ; et les religieux ne se sont pas fait prier pour s’y engouffrer. Pour corroborer mes propos, je cite très volontiers cet article de Christine Muratet publié sur http://www.rfi.fr  le 29 septembre 2011 :

Dix ans après le 11-Septembre : au Mali, la montée du religieux dans un Etat laïc

La société malienne est en quête d’identité. Dans cet Etat laïc, musulman à 90%, les événements majeurs de la décennie comme le 11-Septembre et plus récemment la crise libyenne, ont des conséquences sociales bien concrètes. Premiers bénéficiaires de ces transformations : les fondamentalistes, dont le terreau favori reste les populations les plus pauvres en quête de protection. Les mouvements religieux intégristes fleurissent et investissent le terrain politique dont ils ont déjà pris l’ascendant. al-Qaïda au Maghreb islamique, qui trouve ses racines profondes au nord du pays, reste à l’affût.

« Des soldats français qui viennent soutenir les rebelles libyens… Mais c’est grave… c’est grave… ». Un verre de thé malien en main, Magasse, Bathily, Keïta échangent dans l’arrière-boutique de Magasse, dans un quartier récent de Bamako. Régulièrement, ces trentenaires se retrouvent dans leur grin (cercle d’amitiés) pour refaire le monde et parler de l’actualité.

En cette fin août 2011 c’est la Libye qui concentre toutes les attentions. Et ici, au Mali, une majorité de personnes dénonce l’intervention de l’Otan. « Mais c’est quoi cette communauté internationale. Pour moi la communauté internationale, ça n’existe pas. Une fois de plus, l’Occident croit qu’il peut tout faire, n’importe où ».

La crise libyenne puis l’intervention de l’Otan viennent réveiller des sentiments complexes de colère et d’incompréhension à l’égard de l’Occident. Et pour ces trentenaires, le 11-Septembre et le fameux choc des civilisations qui s’en est suivi ont durablement fabriqué un sentiment de rejet du monde musulman.

Pour Adam Thiam, éditorialiste au quotidien malien Le Républicain, le discours de Bush au lendemain du 11-Septembre a fait émerger une stigmatisation de la religion musulmane. « Ce sentiment de rejet sera très fortement ressenti ici aussi au Mali, à tel point que l’ambassadeur des Etats-Unis de l’époque devra faire la tournée des mosquées pour expliquer le sens des propos du président américain ».

Le Mali est un Etat laïc, musulman à plus de 90%. Un pays jeune, où de tout temps, l’immigration a permis à de nombreuses familles de s’en sortir. Or, depuis les attentats de 2001 et la lutte contre le terrorisme, les politiques sécuritaires des pays occidentaux ont changé la donne : les visas sont distribués au compte-goutte et les contrôles aux frontières sont renforcés.

Aminata Traoré, essayiste, auteur de L’Afrique humiliée, considère que les populations musulmanes du Sud sont aujourd’hui « comme dans une boîte : ils ne peuvent s’en sortir chez eux et on leur refuse de sortir. Mais la conséquence, c’est le risque d’explosion et un retour sur soi vers des valeurs refuges, vers l’islam ».

La religion, structure d’une société en quête d’identité

L’islam progresse sensiblement depuis une décennie au Mali et dans toute la sous-région. Et même si le 11-Septembre n’est pas forcément le point de départ de cette montée religieuse, il a pu contribuer par un sentiment de frustration à nourrir ce besoin d’idéologie.

« C’est l’effondrement des valeurs traditionnelles qui permet de comprendre la montée du religieux », estime Souleymane Drabo, directeur de publication du quotidien gouvernemental L’Essor. Le religieux s’est installé sur une place laissée vide par les idéologies en déclin comme le marxisme mais aussi le libéralisme, vilipendé dans les pays du Sud.

Gilles Holder est anthropologue et travaille depuis de longues années sur l’évolution de la société malienne et sur la montée du phénomène religieux. « La société malienne est traditionnellement musulmane, mais c’est un fait que la religion structure de plus en plus la société, explique-t-il. La nation et l’identité malienne se confondent de plus en plus avec l’identité musulmane ».

Ce réveil du sentiment religieux est visible à Bamako. Ces dernières années, de plus en plus de jeunes fréquentent la mosquée. Ils respectent le jeûne durant le mois du ramadan, par conformisme, par conviction ou bien par dépit.

« Moi je le vois », estime Daouda, chef des jeunes d’un quartier populaire de Bamako. « Quand les jeunes ne trouvent pas de travail, une fois, deux fois, ils ont tendance à se tourner vers la religion. Ce sont les wahhabites qui recrutent le plus : si tu es fidèle, si tu fréquentes régulièrement la mosquée pendant deux ou trois ans, ils t’aident. C’est quand tu as perdu tout espoir que tu te tournes vers la religion ».

Quartier de Banconi au nord-est de Bamako, un jour de pluie. Ce quartier à la périphérie de la capitale est devenu aujourd’hui le symbole de la puissance des associations religieuses. Cheikh Haïdara y a implanté, en quelques années, un centre de santé flambant neuf, une mosquée rutilante, une medersa et le centre international de son association Ansar Dine, qui compte des dizaines de milliers de fidèles dans toute la sous région.

« Cheikh Haïdara est tout d’abord un tribun hors pair, explique Adam Thiam, il a su fédérer autour de lui des foules impressionnantes qui viennent de toute la sous région ». Son cheval de bataille : l’injustice et la gabegie des gouvernants. Son public : avant tous les analphabètes, et les petites gens. « C’est le seul homme politique, si l’on peut dire, qui arrive à remplir un stade de 50 000 personnes » le jour de la fête du Maouloud, qui célèbre la naissance du Prophète.

L’affaire du code de la famille

Mais le mouvement Ansar Dine n’est pas le seul mouvement religieux à recruter au Mali. La concurrence est grande. Le Haut conseil islamique, qui recrute chez les lettrés et les intellectuels, s’appuie sur l’école wahhabite : on y pratique un islam plus strict, fondé sur le Coran et la tradition arabe.

En 2009, c’est le Haut conseil islamique qui a conduit la contestation contre le Code de la famille. La loi a été votée à une très grande majorité de députés mais le chef de l’Etat a dû reculer devant la mobilisation massive contre un texte qui, selon l’instance, ne respectait pas la tradition islamique.

Mahmoud Dicko est le président du Haut conseil depuis 2008. « C’est le politique qui est venu faire de l’ingérence dans ma famille. Les affaires de la société malienne relèvent de la religion. L’Etat, c’est nous : pourquoi nous n’aurions pas notre mot à dire dans des affaires politiques ? »

Le ton est donné. Grâce à ses moyens financiers importants, son soutien international, le mouvement wahhabite compte bien faire entendre sa voix dans le débat public.
Deux ans après cette mobilisation populaire (30 000 personnes dans les rues), le Code de la famille n’a toujours pas été adopté. Pour les associations de défense de la personne, l’affaire du code a confirmé la puissance d’un islam politique au Mali, dans un climat de suspicion et de crainte, selon Maître Koné, ancien président de l’AMDH, l’Association malienne de défense des droits de l’homme : « On a reçu des pressions. Personnellement, j’ai reçu des menaces de mort, sur les ondes, de la part d’extrémistes, pour avoir soutenu en son temps ce projet de Code de la famille et pour avoir reproché aux députés leur manque de courage. Les hommes politiques sont prêts à tout pour se faire élire, y compris à suivre les religieux. Et c’est ça qui est grave ».

A quelques mois des élections présidentielles, prévues pour le printemps 2012, les associations religieuses ont donné le ton : « Nous ne présenterons pas de candidat, mais il faudra compter sur nous, et les candidats devront nous écouter ».

Le danger Aqmi

Certains observateurs maliens craignent le danger d’une radicalisation de la société malienne. Des jeunes formés dans les pays du Golfe, sont recrutés pour faire de l’activisme sur le terrain politique. Ces associations jouent de plus en plus un rôle de contre-pouvoir, sur un terrain social, de la santé à l’éducation. D’autres cependant, croient en la « sagesse malienne », un esprit tolérant et ouvert qui est le meilleur rempart contre les intégrismes de tout poil.

Il y a cependant au Mali une autre source d’inquiétude : Aqmi, al-Qaïda au Maghreb islamique. Ce groupe salafiste a signé une quarantaine d’enlèvements d’occidentaux depuis 2003 dans la région. Il a implanté certaines de ses bases d’entraînement et de repli dans les zones désertiques du Nord-Mali. Plus grave, Aqmi aujourd’hui cherche à s’infiltrer parmi les populations locales. Le phénomène est déjà ressenti au Nord, dans la région de Kidal, de Gao, où les hommes d’Aqmi ont des bases familiales. Ils se sont mariés sur place, ont investi un terrain, là encore délaissé par l’Etat : ce sont eux qui aident les populations nomades à subsister dans un contexte de grande fragilité.

Progressivement et insidieusement, leur marque se fait sentir. Des témoignages anonymes (la crainte est palpable) indiquent un changement d’état d’esprit : à Gao, les symboles de la dynastie des Askias, les superstitions qui entourent le tombeau de leur roi sont battus en brèche par certains nouveaux prêcheurs, au nom d’Allah et du Coran. A Kidal, des «nouveaux barbus»  retirent leurs filles de l’école laïque.

Le risque d’une pénétration de l’islamisme radical est pris très au sérieux par Assarid Ag Imbarkaouane député de Gao et deuxième vice-président de l’Assemblée nationale malienne : « Si on ne fait pas attention, viendra le jour où, comme l’a dit un grand homme politique, le président de la République du Mali qui sera élu sera choisi par Aqmi. Et c’est pour cela qu’il faut que tout le monde soit concerné par la lutte contre Aqmi ».

Je trouve que cet article de Christine Muratet est d’une extrême actualité ; et ça en dit long sur la crise qui frappe aujourd’hui le Mali.

Cependant, gardons à l’esprit que nous sommes dans une République laïque dont le principe sacro-saint est la séparation des pouvoirs. Ainsi, il est attribué au religieux un pouvoir moral c’est-à-dire d’éducation. Et en aucune manière, il ne doit s’interférer dans le sujet politique qui reste l’apanage des autorités de la République.

Et puis, le 22 Mars est passé par là, et la jeune et exemplaire démocratie malienne s’en est vacillé à la faveur du coup de force perpétré par l’armée avec à sa tête le Capitaine Amadou Haya Sanogo. Ce putsch militaire a enfoncé le pays dans une crise sans précédent lui faisant perdre plus de la moitié de son territoire, occupé aujourd’hui par des groupes islamistes armés. Outre la crise au Nord, ce putsch a remis les religieux au devant de la scène qui se sont vu courtiser par les putschistes. L’iman Dicko a fait des sorties fracassantes depuis ces évènements en prenant des positions nettement politique. A titre d’exemple, le meeting du 12  qui a fait maintenir le premier ministre Cheick Modibo Diarra à son poste. Ou même la tentative de faire éjecter le nouveau Directeur Général de l’ORTM.

N’oublions pas « les printemps arabes » () qui ont certainement donné des idées aux religieux maliens. Car ils ont propulsé aux pouvoirs les partis islamistes, comme c’est le cas d’Enardha en Tunisie, des Frères musulmans en Egypte etc…

Pour en terminer avec cette réflexion, j’imagine que nos responsables religieux du Haut Conseil Islamique (HCI) sont justes dans l’effet de mode. Et qu’ils n’iront pas plus loin que l’organisation de meeting à des fins strictement religieux. Je réitère l’appel que chacun doit être à sa place : L’imam Dicko à ses chapelets, Capitaine Sanogo dans ses bottes, Dioncounda Traoré et Cheick Modibo Diarra à leur paperasse.

A bon entendeur Salut !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Michel THERA