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AQMI, MUJAO, ANSARDINE, BOKO HAREN… Ou quand l’Afrique de l’Ouest est envahie par l’islamisme radical

Djihadistes-au-nord-du-Mali

L’Afrique de l’Ouest, dans sa partie sahélienne, reste essentiellement musulmane. Mais, déjà il faut le savoir : c’est d’un islam modéré dont il s’agit. Du haut de mes presque trente cinq ans de vie sur la terre malienne, j’ai jamais été stigmatisé comme chrétien ; si je l’étais été, c’était pour apprécier les chrétiens par leur comportements exemplaire. Donc, en tant que chrétien, j’ai toujours jouis du respect et de l’estime des concitoyens musulmans.

Aujourd’hui, le malien que je suis ne comprend pas ce qui se passe au Nord, mieux ne l’a même pas vu venir. Avec la complicité de quelques compatriotes, ces étrangers sont venus nous envahir, avec la ferme intention d’imposer la charia à tout le pays. Ce sont là des imposteurs qui n’ont rien à apprendre de la religion aux musulmans maliens. Car il faut le savoir tout de suite, ils sont en porte à faux avec l’islam pratiqué au Mali. Mais diable d’où sortent-ils ?

L’Algérie et la Mauritanie sont et demeurent la base-arrière de ces soi-disants combattants de l’islam. C’est pourquoi elles affichent aujourd’hui toutes leurs réticences à une intervention militaire au Nord-Mali. A croire qu’elles ne veulent pas que ce problème se résout. Car sa résolution risquerait de leur poser préjudice.

Revenons à nos groupes islamistes armés : que veulent-ils réellement ? On ne le saurait, a part qu’ils nous ont envahi et qu’ils ambitionnent d’installer la charia au Mali, dans toute la région, et même dans le monde. Face donc, à ce ambitieux projet djihadiste, il est indispensable de se retrouver entre voisins afin d’aller dans la même direction. J’imagine qu’il ne s’agit pas que de les déloger du Nord-Mali, mais et surtout de les mettre complètement hors d’état de nuire. Et je pense aujourd’hui que les pays du sahel, avec l’appui de la communauté internationale, en n’ont les moyens pourvu qu’ils se mettent ensemble. Se mettre ensemble, c’est justement ce qui manque à ces Etats là. Bien attendu, le Niger et le Mali, du reste maillon faible de la région en terme de moyen, ont intérêt que l’on les chasse définitivement. Nous, autre maliens, n’avons jamais eu affaire avec l’islamisme ; nous le découvrons avec l’occupation du Nord. Et derrière, vous imaginez la souffrance de ces populations vivantes sous emprise islamistes. Sans oublier que le riche patrimoine islamique en pâtisse.

Aujourd’hui, c’est le Mali qui, principalement, en est victime ; mais cela peut s’étendre très vite à toute la région et même au delà : je pense à l’Europe méditerranéenne.

Donc, je réitère aujourd’hui encore qu’il urge d’intervenir au Nord-Mali ; cela dans l’intérêt de tous.

 

Michel THERA

 

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La crise au Mali et l’imminence du déploiement d’une force internationale au Nord-Mali

C’est déjà connu de tous, l’Armée malienne, dans son état actuel, est incapable de reconquérir le Nord-Mali. C’est aussi connu  qu’il est indispensable qu’une force internationale y soit déployée.  Face à cette nécessité, rien ne semble plus empêcher ce déploiement. Donc il faut y aller vite, car plus ça dure, plus ces groupes s’enracinent.

Au delà de l’effort inlassable de la CEDEAO, il faudrait saluer l’implication personnelle du Prédisent de la République Française, qui, par sa détermination, n’a ménagé aucun effort  pour la concrétisation de ce projet. Cela lui vaut, aujourd’hui, de bénéficier d’une bonne dose de popularité et d’estime au sein de la population malienne, qu’aucun président avant lui n’en est eu, excepté Jacques CHIRAC. C’est peut être l’esquisse d’une nouvelle politique africaine de la France, car la France-Afrique n’a eu de cesse susciter des remues.

Aujourd’hui, il n’est plus nécessaire de dire qu’il urge d’intervenir au Nord-Mali, eu égard des échos de viols de tous genres et d’exaction qui y proviennent. A ce propos je relevais le témoignage d’une jeune fille, victime d’un viol collectif de la part de quelques jihadistes. Elle y affirmait que ces gens défendaient tout sauf l’islam. C’est donc à croire que ce qui se passe au Nord-Mali ne concerne en rien la religion. Pour rappel, c’est après le coup d’Etat du 22 Mars 2012, que les groupes islamistes d’Ansaredine, d’AQMI, du MUJAO, en compagnie des rebelles du MNLA s’étaient emparés des trois régions administratives ; avant que quelques mois après le MNLA ne s’y fait chassé.

Mais comment les  (Ansar Dine, MNLA et le médiateur) comprendre ?

Il ya comme de l’inconsistance ou du sauve qui peut chez les groupes armés Ansar Dine et MNLA. Il faut le dire tout net : le premier vient d’effectuer un volt face en se dissociant du terrorisme ; après que le MNLA, il ya quelques semaines, déclarait avoir renoncé à l’indépendance de l’Azaouad. Au passage, Ansar Dine avec ces Alliés d’AQMI et du MUJAO avaient promu de rependre le djihad sur l’étendue du territoire malien. C’est à peine croyable que ce groupe retourne sa veste sous la menace de l’intervention imminente d’une force internationale. Ce qui est encore curieux, c’est surtout que ce soit Blaise compaoré lui-même qui annonce en premier cette volonté de changement d’orientation du MNLA et d’Ansar Dine. Mais en fait, qu’en est-il de la crédibilité de Blaise dans cette médiation ? C’est abasourdissant que c’est Blaise lui-même qui fixe le cap et définit la position des uns et des autres. Profitant du manque de cohésion au sein de l’exécutif malien, le président du Faso tente de remettre les ficelles des groupes armés du MNLA et Ansar Dine. A ce propos, disons le tout net : la crise institutionnelle prévaut et demeure à Bamako ; même si avec le retour du président par intérim Dioncounda TRAORE il ya un léger mieux. Et Dabaoué Audriane Kani de l’Expresse du Faso n’y va par milles chemins. Il l’affirme dans son article, daté du 09/10/12 que le Capitaine Amadou Haya SANOGO détient toujours l’essentiel du pouvoir. Le simulacre de retour à l’ordre constitutionnel était juste pour rendre le pays fréquentable. A Bamako, le président intérimaire qui, a eu tant de mal pour s’installer dans son fauteuil, n’en est pas vraiment un véritablement. Sans doute, il incarne le pouvoir, mais il n’est le véritable exécutant. J’imagine les pourfendeurs de l’Ex Junte s’insurger contre cet état de fait, mais c’est à juste raison que le Capitaine reste incontournable. Incontournable, parce que c’est bien lui et ses camarades d’arme qui ont pris le pouvoir et tiennent à ce que leurs sacrifices ne soient vains.

Ansar Dine et MNLA, en compagnie de leur allié d’AQMI et du MLNA, avaient décidé d’envahir le Nord-Mali. C’est à ce titre que ces volts face de ces groupes armés m’apparaissent comme une supercherie.

Des djihadistes d’Ansar Dine dans les rues de Tombouctou, photo prise par un observateur de France 24 le 13/10/2012

Michel THERA